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Avalanche Barre des Ecrins

Avalanche de Pelvoux (7 morts) : l’enquête classée sans suite par le procureur de Gap

19 Jan 2016 - 15:01

Ainsi que le procureur de la République de Gap l’avait laissé présager au lendemain du drame, l’enquête sur l’avalanche de Pelvoux, dans laquelle sept alpinistes avaient trouvé la mort le 15 septembre dernier, a été classée sans suite, ce mardi. Le procureur Raphaël Balland précise que c’est en raison de l’extinction de l’action publique, en raison du décès des chefs de chacune des trois cordées emportées par l’avalanche. La seule survivante, une Allemande de 36 ans, qui était encordée avec son compagnon et un ami, a eu « un rôle secondaire dans l’organisation et dans le déroulement de cette randonnée », observe le parquet de Gap.

Pour les enquêteurs et la justice, « les victimes de cet accident en portent l’entière responsabilité, d’autant plus que deux des trois cordées avaient été mises en garde par le gardien du refuge des Ecrins où elles avaient dormi la nuit précédente, et de que de nombreux indices de surface pouvaient alerter sur les conditions dangereuses du moment (notamment la présence de récentes coulées de neige traversées par les alpinistes) ».

Au terme de leur enquête approfondie, les gendarmes du PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne) de Briançon sont parvenus aux conclusions suivantes :

  • L’avalanche s’est déclenchée le 15 septembre à 11h48 environ, alors que deux cordées composées des cinq alpinistes de nationalité allemande se trouvaient à l’aplomb du Pic Lory. L’avalanche les a emportés ainsi que la cordée des trois alpinistes de nationalité tchèque qui se trouvait en aval.
  • L’avalanche faisait environ 400 mètres de large et 300 mètres de long et se situait entre 4000 et 3700 mètres d’altitude. Elle est partie d’une zone située entre l’aplomb du sommet de la Barre des Ecrins et la brèche Lory. Elle a balayé toute la partie haute de la voie normale empruntée par les alpinistes. La cassure, zone de départ de l’avalanche, mesurait entre 40 centimètres et 1 mètre de hauteur.
  • Les chutes de neige importantes entre le 12 et le 14 septembre, accompagnées d’un vent fort en altitude, ont favorisé la formation de plaques à vent pouvant atteindre 1 mètre d’épaisseur au niveau de la cassure. Ces conditions météorologiques et nivologiques n’etaient pas propices à l’ascension d’un tel sommet. Météo France avait détaillé ces mauvaises conditions dans les bulletins des 12, 13 et 14 septembre.
  • Selon les gendarmes du PGHM, cette avalanche s’est sûrement déclenchée à cause du sur-poids engendré sur la plaque à vent par la présence des trois cordées.
Photo archives PGHM


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