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Agression « antisémite » à Gap : la victime raconte cette « ambiance de terreur » (vidéo)

La vitre d'un voisin a été brisée par un jet de pierre.
La vitre d’un voisin a été brisée par un jet de pierre.

L’immeuble garde quelques séquelles de la scène ahurissante qui s’est produite mardi soir, rue Bayard à Gap, après de premiers faits intervenus la veille. Une vitre cassée au deuxième étage et la poignée de la porte d’entrée de l’immeuble arrachée. Céciliane, la personne handicapée, qui aura bientôt 50 ans (notre photo), et son éducatrice garderont elles aussi ces événements gravés dans leur mémoire.  Tout cela parce que l’occupante de l’appartement avait installé sur un mur, à l’intérieur, un drapeau d’Israël. Mardi soir, quelques dizaines de personnes, rassemblées devant l’immeuble, criaient, jetaient des pierres, des pétards et hurlaient des insultes antisémites. Certains étaient semble-t-il armés de matraques, et ils n’ont pas hésité à caillasser les policiers lors de leur intervention. Aucun suspect n’a d’ailleurs été interpellé à cette heure, selon nos informations.

« Il y avait vraiment une ambiance de terreur », avoue l’éducatrice de l’ESAT (établissement et service d’aide par le travail) La Source, qui venait visiter cette personne inadaptée à son domicile, comme elle le fait régulièrement. « Je retiens le caractère extrêmement violent des propos, des cris, des jets de pierres… Quand j’ai vu ça, j’ai immédiatement fermé les volets pour la protéger. »

Céciliane, catholique, s’intéresse depuis une dizaine d’années au judaïsme. « Je pratique les deux religions », dit-elle. Et elle porte habituellement une étoile de David autour du cou, qu’elle a été invitée à retirer au vu des événements.

La poignée de la porte d'entrée de l'immeuble a été arrachée par les agresseurs, qui tentaient de s'introduire.
La poignée de la porte d’entrée de l’immeuble a été arrachée par les agresseurs, qui tentaient de s’introduire.

Pour elle, tout a commencé lundi soir. « Je n’ai pas réalisé. J’entendais des cris. Je suis malentendante (elle est appareillée, NDLR). J’ai d’abord cru que ça venait de ma télé. Puis j’ai vu une pierre qui traversait. J’ai vu mon voisin qui était sorti. Je suis sortie aussi. Il y avait une dizaine de jeunes dans la rue. J’ai appelé la police. J’ai entendu qu’ils disaient : « La putain de juive, elle téléphone aux flics ». J’ai raccroché. »

Le lendemain, lors de la visite de l’éducatrice, une voisine vient lui expliquer ce qui s’est passé lundi soir, vers 22 heures. L’éducatrice décide d’emmener Céciliane au commissariat. Mais c’est l’heure de la manifestation pour l’arrêt des frappes israéliennes à Gaza, qui mobilise un certain nombre de fonctionnaires, et une autre intervention est en cours. Rendez-vous est pris pour ce mardi matin pour un éventuel dépôt de plainte.

Lorsqu’elles reviennent à l’appartement, la scène de la veille recommence. « A bas Israël », « Saloperie de juive » sont quelques uns des cris qui fusent, avant les jets de pierres et de pétards. Et l’intervention de la police.


Le témoignage d’une personne handicapée… par lemedia05


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