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Loup / patou: des éleveurs et des bergers « à bout de nerfs »

20 Août 2014 - 9:57

La FDSEA réagit vivement à la polémique qui fait suite aux plaintes de randonneurs mordus par des patous. Pour René, Laurans, le président du syndicat, « la coupe est pleine ».

« Le patou fait la une de nos journaux quand c’est la détresse des éleveurs et des bergers confrontés à la présence du loup qui devrait la faire. Au 13 août, nous comptons officiellement 62 attaques pour 250 animaux tués imputables au loup, soit 25 attaques et 110 animaux de plus que l’an passé à la même date. Le Queyras, le Guillestrois, le Briançonnais, le Champsaur, le Valgaudemar, le Beauchène et la proximité de Gap avec les communes de Sigoyer, La Bâtie-Neuve et La Rochette, sont concernés par des attaques reconnues (…). Le Dévoluy compte autant d’attaques au 13 août que sur tout 2013.

« Le patou, on nous l’impose ! »

« Le loup, faute d’être régulé efficacement (12 loup prélevés sur 2013-2014 pour 24 autorisés sans risque pour le maintien de l’espèce), poursuit son expansion et partout on rencontre des éleveurs et des bergers à bout de nerfs. Alors si on rajoute encore sur ce climat des plaintes de randonneurs qui se sont fait mordre par des patous, voyez un peu le tableau ! Nous sommes les premiers à déplorer la détérioration des relations avec les touristes ; mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas depuis l’arrivée des patous qu’il y a problème. C’est depuis l’arrivée du loup, puisque les patous nous sont imposés par l’Etat, payé par Lui, nourris par Lui (« LUI appartenant du coup » aux dires de M le Préfet…)…oui sauf que selon l’article 1385 du code civil (CCiv.) « le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert pendant qu’il est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé ». C’est donc les éleveurs et les bergers qui paient les amendes, en plus d’être montrés du doigt pour la présence de ces chiens de défense.

« Nous en appelons à la responsabilité de tous »

« Nous réclamons que les éleveurs et bergers ne soient pas responsables pour une morsure de patou survenue dans le cadre de la surveillance du troupeau. Nous en appelons à la responsabilité de tous. Quand un randonneur dit dans un PV de gendarmerie, qu’il a levé son bâton sur le patou, la responsabilité de la morsure incombe au randonneur, sans doute mal informé de la conduite à tenir face à un tel chien. De même, quand un autre randonneur raconte les circonstances de l’attaque en rapportant que « le troupeau se trouvait quelques mètres en contrebas du sentier, quelques-unes au dessus » cela s’appelle couper le troupeau, ce qui une fois de plus est fortement déconseillé en cas de présence de patou qui assimile cette intrusion dans le troupeau à une tentative d’attaque. Des centaines de touristes passent chaque jour dans nos montagnes. Le berger, chargé de la surveillance du troupeau, ne peut pas être auprès de chacun d’eux pour leur expliquer la conduite à tenir. Nous sommes les premiers à le déplorer, mais tant que le loup sera présent, se promener dans les troupeaux en montagne comporte des risques que les randonneurs doivent connaître et appréhender en se responsabilisant, pas en allant porter plainte.

La FDSEA termine son communiqué en reconnaissant qu' »il faut sûrement faire davantage de communication », et en demandant « que (leur) métier soit respecté et que l’on cesse de (leur) imposer des contraintes supplémentaires là où la coupe est déjà pleine. »

(photo d’illustration)


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