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L'enseignante en charge des moins de trois ans Stéphanie Roignot explique qu'il faut d'abord sécuriser les enfants de manière affective avant de véritablement les sensibiliser au langage oral et écrit.L'enseignante en charge des moins de trois ans Stéphanie Roignot explique qu'il faut d'abord sécuriser les enfants de manière affective avant de véritablement les sensibiliser au langage oral et écrit.

Gap : le recteur s’intéresse à l’accueil des enfants de familles en difficulté

Comme toutes les années, le recteur de l’académie Aix-Marseille fait le tour des départements de sa circonscription lors de la rentrée des classes. Dans les Hautes-Alpes, Ali Saïb a commencé par visiter l’école de Gap Anselme-Gras ce jeudi matin, avant poursuivre par le collège laragnais Les Hauts de plaine. Cette tournée des établissements revêt un caractère particulier cette année avec la généralisation de la mise en place des nouveaux rythmes scolaires.

Anselme-Gras compte 11 classes, une Clis (classe pour l’inclusion scolaire), et une UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants). Cette école bénéficie du Cucs (contrat urbain de cohésion sociale). La directrice de l’école Christelle Chappa était fière de présenter le dispositif d’accueil des élèves de moins de trois ans qui consiste à scolariser le plus tôt possible les enfants issus de familles en difficulté. « En parallèle, nous avons mis en place des actions éducatives et familiales : les jeux pour les grandes sections et CP, et la littérature jeunesse pour les très petites sections » qui présente un intérêt d’autant plus grand pour les enfants dont les parents sont illettrés.

« On sait que les destins scolaires sont multiparamétriques mais l’école peut agir pour réduire les inégalités par le biais de quatre leviers : la scolarisation des enfants de moins de trois ans dans des territoires en difficulté car la confiance s’installe avec les familles, les pratiques professorales, le climat scolaire et la capacité qu’a l’école à s’insérer dans un territoire », estime le recteur.

La question des rythmes scolaires

La députée Karine Berger a insisté sur l’importance des notions d’émancipation individuelle et d’ambition, « c’est un mot que j’aime bien ». Pour elle, « ces rythmes scolaires sont la marque que la société tient à l’égalité des chances pour tous. » Ali Saïb assure que la mise en place de ces rythmes s’est déroulée dans la sérénité pour la grande majorité des communes. « Dans des cas minoritaires, subsistent quelques difficultés, mais ça va progresser dans le temps. »

Le sénateur Pierre Bernard-Reymond aurait souhaité creuser un peu plus le débat sur les rythmes et la question « qui doit endosser cette responsabilité », en rappelant que lorsqu’il était maire de Gap, il avait créé des bourses culturelles pour les familles qui n’avaient pas les moyens d’accéder à la culture. Pour Philippe Maheu, les rythmes scolaires naissent d’une alliance entre les collectivités et l’Education nationale. « Les inégalités se creusent en dehors de l’école, du fait de ne pas accéder à la culture sportive, musicale, théâtrale… Avant, seuls 20% des enfants fréquentaient les temps éducatifs offerts par les collectivités. »

L’absence remarquée du maire de Gap
Beaucoup de personnalités entouraient le recteur à Gap : le sénateur Pierre Bernard-Reymond, la députée Karine Berger, l’inspecteur d’académie Philippe Maheu et le secrétaire général de la préfecture François Drapé. Une absence remarquée, celle du maire de Gap Roger Didier, qui n’était pas même représenté. « On ne commente pas », réagit un proche du maire interrogé par L’e-media 05. Sans doute, faut-il y voir la grande réticence de la municipalité à mettre en place ces rythmes scolaires. « L’absence est physique mais son engagement est réel dans cette école, positive Ali Saïb à l’issue de la visite des locaux. Il a pris sa part de responsabilité dans le fonctionnement de l’école. L’investissement de la mairie est là. Son positionnement politique lui appartient. »
Avant que le recteur ne parte pour Laragne, Karine Berger a souligné que le maire de la commune Henriette Martinez n’était « pas du même bord que le gouvernement » mais qu’elle avait fait « un travail remarquable » du point de vue des rythmes scolaires.


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