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incendiaire Briançon

Briançon : l’incendiaire condamné à trois ans ferme

Le tribunal correctionnel de Gap a condamné Jean-Marie Chaudel, l’incendiaire présumé de Briançon, à trois ans d’emprisonnement ferme, et à un suivi sociojudiciaire avec obligation de soins pendant deux ans. Le procureur Sandra Reymond avait requis quatre ans d’emprisonnement, dont un avec sursis et mise à l’épreuve, ce jeudi matin, à son encontre. Entre le 4 et le 30 juin 2013, neuf incendies criminels s’étaient produits à Briançon. Le prévenu, un marginal alcoolique de 48 ans, en reconnaît quatre, et nie les autres.

Parmi ces incendies, deux ont été provoqués dans la résidence Sainte-Geneviève où vivait le prévenu et qu’il nie. « Je vais quand même pas mettre le feu là où j’habite », s’est-il défendu devant les policiers briançonnais. Les départs de feu se produisent une fois dans les garages, l’autre dans un local à skis, en pleine nuit. A deux reprises, les 75 occupants de la résidence sont évacués par les sapeurs-pompiers au milieu de la nuit, ce qui suscite un début de psychose à Briançon, et dans cette résidence en particulier. Même le local du Secours populaire est incendié, fait qu’il reconnaît, alors même qu’il bénéficie au quotidien de ses services…

Chaudel s’est peu livré à l’audience, se contentant d’approuver les propos de la présidente et d’indiquer, pour les incendies qu’il conteste : « ‘Celui-là, c’est pas moi ». Les experts excluent tout trouble psychique, mais concluent à un discernement altéré du fait d’un « niveau infantile de développement » (il ne sait ni lire, ni écrire), d’une « propension notable à l’éthylisme » et d’un « fond anxieux et dépressif ». S’y ajoute le décès, peu avant les faits, de son demi-frère aîné, qu’il soutenait dans la maladie depuis quinze ans. Mais aussi une vie chaotique pour cet orphelin, brinquebalé d’une famille d’accueil à l’autre.

L’incendiaire présumé n’a donné aucune explication sur ses motivations. « Je sais pas », a-t-il répondu à la présidente. « C’est un peu court », lui a lancé Josiane Magnan, qui a relevé qu’il participait aux rondes dans la ville et aux recherches pour retrouver l’incendiaire ! « Vous trompez votre monde ! »

D’autant que l’homme n’en est pas à son coup d’essai : en 1992, il avait commis quatre incendies à Vitry-le-François (Marne). Déjà dans des caves, des poubelles.

Pour sept incendies, il a été vu sur les lieux par des témoins ou par un policier. Et la présidente relève que, depuis son interpellation, il n’y a plus eu d’incendie criminel à Briançon.

Pour les parties civiles, Mes Anselmetti et Charmasson parlent de la peur des occupants de la résidence Saint-Geneviève face aux actes de ce « routard du feu ».

« Le feu se propage, il est dangereux en soi », souligne le procureur Sandra Reymond. « C’est d’autant plus dangereux que c’est de nuit qu’il met le feu. Un bébé a été incommodé par les fumées lors d’un de ces incendies ». Elle rappelle aussi la « véritable psychose » qui avait gagné Briançon. « Ca se rapproche de la pyromanie, d’autant que ce n’est pas la première fois », estime le parquet, qui requiert quatre ans d’emprisonnement, dont un avec sursis et mise à l’épreuve avec une obligation de soins et de rechercher un travail.

« Ca s’est arrêté depuis son interpellation, mais ça ne peut pas etre une preuve », lance Me François Leclerc pour la défense. « Rien ne l’incrimine pour le premier incendie. Or ce premier incendie a pu déclencher quelque chose chez lui, souvenons-nous de 1992. Il est regrettable que, dès le début, on ait considéré qu’il n’y avait qu’un seul incendiaire. Parce qu’il est coupable de quatre, il le serait de huit? Vous ne pouvez pas le dire. »


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