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Le collège des Hauts de Plaine à Laragne-Montéglin (photo archives Google Street View)Le collège des Hauts de Plaine à Laragne-Montéglin (photo archives Google Street View)

Collège de Laragne : sursis pour le père qui avait craché sur la principale

Un père de famille de Laragne-Montéglin, âgé de 41 ans, a été condamné, ce jeudi, à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir craché sur la principale du collège où était scolarisée sa fille, et l’avoir insultée. Cette agression avait eu un retentissement particulier en novembre 2013, puisque les enseignants avaient fait valoir leur droit de retrait avant que la directrice de l’établissement ne soit victime, trois jours après, d’une rupture d’anévrisme. Elle ne doit quitter l’hôpital de Briançon que la semaine prochaine, selon son avocat, Me Anselmetti. Précisons que les poursuites ne visaient pas cette rupture d’anévrisme, faute de lien établi entre les deux événements.

L’altercation s’était produite dans les locaux du collège Les Hauts de plaine, à Laragne-Montéglin, où deux familles avaient été convoquées par le conseiller principal d’éducation (CPE), à la suite d’un accrochage bénin entre deux adolescentes. L’une était accusée d’avoir « mal parlé » à l’autre… Le prévenu s’était alors présenté au domicile de l’autre jeune fille pour éclaircir la situation, initiative qui avait amené le CPE à organiser cette réunion de médiation.

Cette rencontre inquiétait quelque peu la principale, Sylvie Granier, qui, entendant que le ton montait, est entrée dans la pièce en demandant à ce père de famille de quitter les lieux. « C’est vrai que je me suis emporté », admet le prévenu.
– « Elle était dans son rôle de vous rappeler où vous étiez et de vous demander de dégager » considère la présidente, Christine Piccinin.
– « Elle m’a traité d’ivrogne, ça m’a pas plu », explique le père.
– « Cracher sur quelqu’un, c’est une voie de fait, c’est une violence pour le droit français », rappelle la présidente.
– « Tout ce qui s’est passé, je le regrette », indique le prévenu. Avant de préciser : « Je me suis défendu, je me suis fait humilier aussi. » (la principale l’avait traité de « pauvre type » et lui avait lancé : « Vous êtes un homme mort »).
– « Je ne crois pas qu’elle vous ait craché dessus », objecte Mme Piccinin.

La rupture d’anévrisme de la victime est-elle due à son agression ?

Pour la partie civile, Me Anselmetti fait un lien entre l’agression, « qui l’a tout de suite fortement impressionnée et qui a causé une angoisse très importante », et la rupture d’anévrisme. Il demande donc au tribunal une expertise médicale pour déterminer un lien éventuel entre les deux événements.

Refusant d’entrer « dans ce débat médical et civil », le procureur, Sandra Reymond, s’en tient au crachat et aux insultes, et rappelle que la principale exerçait « une mission protégée, a fortiori quand c’est à l’intérieur de l’établissement scolaire ». Elle a requis quatre mois d’emprisonnement avec sursis.

Pour la défense, Me Colmant demande au tribunal de « s’en tenir à ce qui s’est passé ce jour-là ». Pour lui, si la principale était « légitime à intervenir pour ramener le calme », « la manière utilisée » est plus discutable. Il conteste également le lien de causalité avec l’accident cérébral, intervenu « plusieurs jours après, alors que sa tension avait baissé et qu’elle avait mangé au restaurant en famille, le jour-même ».

En prononçant son jugement, la présidente a justifié sa condamnation par le fait que « ce n’est pas n’importe quel crachat. C’est sur un responsable d’établissement et dans l’établissement scolaire ». Le tribunal a par ailleurs ordonné une expertise médicale de la victime. « Ce sera à l’expert de dire s’il y a un lien, ou non, entre ces faits et la rupture d’anévrisme. »


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