Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
Agression d'un barman à Veynes

Agression d’un barman à Veynes : les trois suspects de nouveau en liberté

18 Sep 2014 - 22:11

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, Adrien, un employé de l’Alexisbar à Veynes, avait été gravement blessé à l’oeil (30 jours d’incapacité totale de travail) par plusieurs jeunes de la ville. Deux hommes de 18 et 20 ans avaient alors été immédiatement interpellés par les gendarmes et placés en garde à vue, rejoints par un troisième jeune de 20 ans dans la journée.

Afin de déterminer les circonstances des faits, des auditions et investigations ont été engagées par les gendarmes de Veynes. « Les versions des mis en cause et des témoins étaient divergentes », indique le parquet de Gap. « L’état de santé de la victime n’avait pas permis de procéder à son audition avant le terme des heures légales de garde à vue. » Le parquet avait donc décidé de les remettre en liberté, le temps de procéder aux dernières investigations. Cette décision avait provoqué un tollé et le maire de Veynes en personne, René Moreau, s’en était ému dans différents médias.

Les trois suspects ont été déférés au parquet de Gap, ce jeudi, à 14h30.
Les trois suspects ont été déférés au parquet de Gap, ce jeudi, à 14h30.

Les trois personnes mises en cause ont de nouveau été interpellées ce jeudi, sur instructions du procureur de la République, après l’audition de la victime et de nouvelles investigations. Elles ont été déférées au parquet à 14h30 (notre photo) en vue d’une comparution immédiate initialement fixée au lundi 22 septembre. La victime, qui portait un cache-oeil, a également été entendue au palais de justice.

Le procureur de la République, Raphaël Balland, a requis le placement en détention provisoire des trois suspects jusqu’à leur procès. Le juge des libertés et de la détention en a décidé autrement, ce jeudi, en début de soirée, en ordonnant que les trois prévenus soient laissés en liberté et en les plaçant sous contrôle judiciaire, avec l’interdiction d’entrer en relation entre eux et avec les victimes et de fréquenter les débits de boissons.

Prenant acte de cette décision du juge, le procureur de la République a délivré une convocation aux trois prévenus pour être jugés par le tribunal correctionnel de Gap jeudi 9 octobre, à 14 heures. « Ce refus de placer en détention provisoire ne présume en rien la décision qui sera prise le 9 octobre par le tribunal correctionnel, tant sur la culpabilité que sur la peine. Les trois prévenus encourent pour ces faits sept ans d’emprisonnement », souligne le procureur Raphaël Balland.

Le procureur s’indigne du « caractère totalement injuste et inconsidéré des propos tenus par certains »

Le procureur exprime son indignation face à ce qu’il appelle « le caractère totalement injuste et inconsidéré des propos tenus par certains, notamment par voie de presse, dénonçant l’inactivité des gendarmes et du parquet dans ce dossier, alors même qu’un travail considérable et permanent a été accompli depuis les faits avec la mobilisation d’importants moyens en temps et en personnels afin de rechercher la vérité selon les règles légales et de présenter au tribunal un dossier complet. De telles déclarations n’ont eu que deux effets totalement contre productifs : porter le discrédit sur les autorités visées et donner pour argument aux avocats de la défense que le parquet avait agi « sous la pression médiatique » en décidant de recourir à la procédure de comparution immédiate et requérant la détention provisoire… », estime Raphaël Balland.