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Jean-Luc Brémond a déjà gravi six des sommets des sept continents (ici sur l'Everest, le "toit du monde" en 2012). Dernière étape : l'Antarctique.Jean-Luc Brémond a déjà gravi six des sommets des sept continents (ici sur l'Everest, le "toit du monde" en 2012). Dernière étape : l'Antarctique.

Gap : Jean-Luc Brémond à la conquête de l’Antarctique

1 Oct 2014 - 15:08

L’alpiniste gapençais Jean-Luc Brémond s’est lancé dans le challenge « Seven Summits », qui consiste à gravir le plus haut sommet des sept continents. Il a déjà réussi six ascensions, et il prépare la septième, celle du massif Vinson (4892 m), en Antarctique.

« Pour le mont Vinson, le budget n’est pas bouclé, indique l’alpiniste gapençais. Je ne suis pas encore prêt. A chaque fois que je pense à quelque chose, je l’ajoute. Et après, je trie tout pour préparer les sacs. »

« J’accepte la souffrance »

Jean-Luc Bremond refuse de parler de dernier sommet. « Ca fait bizarre d’arriver au bout. Dire que c’est le dernier, ça veut dire que c’est fini. Alors que non, ce n’est pas terminé. » Pour ce septième sommet, Jean-Luc Bremond ne se prépare pas comme certains alpinistes qui passent toute l’année à s’entraîner. Mais sa méthode a déjà fait ses preuves. « Je ne suis pas quelqu’un de sportif mais c’est le domaine où je suis le meilleur. J’ai basé ma vie sur la résistance, l’endurance.  Ma séance d’entraînement, c’est la chasse au chamois. Je travaille pour la commune de Gap et je suis apiculteur. Je travaille et je ne peux pas me permettre de prendre des congés. Je sacrifie complètement mes vacances. Pour partir en Papouasie, j’ai travaillé tout juillet et août. Cet hiver, j’ai fait 50 000 m de dénivelé. Chaque saison a son activité. Au printemps, j’ai fait la première traversée des Ecrins. J’ai fini 1er vétéran à 50 ans sur le circuit individuel. Et je n’ai pas une diététique sportive suivie. Je ne suis pas dans les régimes. Si j’ai envie de manger  une tranche de jambon et sa couenne, je le fais. J’essaie de me faire plaisir. J’escalade des cascades de glace, je cours en solitaire pour le mental. J’accepte la souffrance. J’aimerais que mon expérience serve aux autres. »

Une endurance à la souffrance qui est due au travail. « Le fait de travailler énormément m’apporte la résistance. Ce qui est essentiel. Lors de l’expédition chez les Papous, je suis arrivé au sommet le premier.  Mais ce n’est pas le plus important. Je ne veux pas être trop mauvais et être à la traine. Car ceux qui le sont mettent en retard la tête de l’expédition. Il faut une homogénéité dans le groupe. Chez les Papous, une gentille fille a eu 5 h de retard. Elle a mangé en retard, etc. Ca a été un poids pour certaines personnes. »

« La pratique sportive est faite pour aller à l’étranger »

Comme pour chaque expédition, il faut trouver de l’argent et des sponsors. Ce qui peut représenter une forme d’exploit. « Le mot performance ne me plait pas. La vraie performance est de convaincre une personne de t’aider. Arriver dans un bureau, c’est une performance. Les aventures ne peuvent pas se faire sans les autres. Pour faire de la haute montagne dans les Alpes françaises, on n’a besoin de personne. Même si on est un pro de la montagne, on est obligé d’embaucher un guide à l’étranger. » Et pour certaines montagnes, il faut se plier aux exigences locales. Une habitude pour Jean-Luc Bremond. « Le mont Vinson fait partie de la région Patriot Hill ; ce sont les Américains qui ont le monopole. Toutes les personnes sont obligées de parler avec les Américains.  Ils demandent un cursus sportif et font signer des « contrats » pour se dédouaner eux. Dans ces conditions, on n’est pas libre. Ils ont un droit de regard sur l’expédition. » Certains se diront peut-être : « Pourquoi aller là-bas si c’est pour avoir des ennuis ? » L’alpiniste gapençais a une réponse. « La pratique sportive est faite pour aller à l’étranger. Il ne faut pas voir l’horizon s’arrêter à Sisteron. Je suis fier de voir Ogier gagner à l’étranger. J’aimerais arriver au bout de l’aventure pour faire vibrer les Hauts-Alpins. »

Sa philosophie

« Il y a tellement de choses à faire ! Quand on est un amoureux de la montagne, on les aime toutes. C’est ma philosophie de la montagne. J’aime la marche et grimper. Ce n’est pas malsain, la frénésie des sommets. Ce qui m’a le plus apporté, c’est l’apprentissage dans les Hautes-Alpes. J’ai 25 ans de haute montagne derrière moi. J’ai une passion pour les pierres, reconnaît-il. A chaque sommet gravi, une pierre gravée. J’ai une pierre du McKinley qui pèse 9,3 kg et celle de Papousie fait 7,3 kg. Et j’ai fait 450 sommets. » En espérant qu’il arrive à rapporter un souvenir de l’Antarctique. S’il réussit à gravir le mont Vinson, il sera le 11e Français à le faire.


Les « Seven Summit » gravis par Jean-Luc Brémond

1. Everest, 8848 m – Asie – Himalaya – Népal – Chine – en 2011.
2. Aconcagua, 6962 m – Amérique du Sud – Cordillère des Andes – Argentine – en 2009.
3. Mont McKinley (Denali), 6 194 m – Amérique du Nord – Alaska – États-Unis – en 2012.
4. Kilimandjaro, 5892 m – Afrique – vallée du Grand rift – Tanzanie – en 2012.
5. Elbrouz, 5642 m – Europe caucase – Russie – en 2013.
6. Puncak Jaya (Pyramide Carstensz), 4884 m – Océanie – monts Maoke – Indonésie – en octobre 2013.
7. Massif Vinson, 4892 m – Antarctique – monts Ellsworth. En projet

Pour en savoir plus et suivre l’expérience de Jean-Luc Bremond : www.bremondpassion.com


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