Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
conseil municipal (6)

Gap : la « tristesse » de Roger Didier, le « bonheur » de Karine Berger

L’introduction du conseil municipal de Gap a été longue, ce vendredi soir. Après l’intervention d’un représentant des notaires, venu suggérer le vote d’une motion contre les projets du gouvernement vis-à-vis des professions réglementées, c’est le maire, Roger Didier, qui s’est livré à une violente charge contre l’Etat au sujet de la rocade, de la desserte ferroviaire, du classement de Gap en zone vulnérable aux nitrates, de la baisse des dotations pour les collectivités locales… Pour conclure par un appel au rassemblement des élus dans le cadre d’une « solidarité gapençaise ». Un propos qui n’a guère convaincu l’opposition.

Rocade : « Dès le 22 septembre,
l’Etat avouait qu’il ne pourrait pas
mobiliser ses fonds », selon le maire

« Quelle tristesse », a répété Roger Didier à de multiples reprises. Principale de ces « tristesses », les travaux ajournés de la future rocade. Dénonçant les diverses annonces de la députée Karine Berger à ce sujet, le maire a révélé les termes d’un courriel reçu de la Dreal (Direction régionale de l’Equipement, de l’aménagement et du logement) le 22 septembre « qui évoque une proposition, que nous avions faite il y a longtemps déjà, que les collectivités locales débloquent leur participation financière sans attendre l’Etat pour que les travaux débutent. La Dreal nous annonce un rattrapage de l’Etat en 2015, voire en 2016! Dès le 22 septembre, l’Etat avouait qu’il ne pourrait pas mobiliser ses fonds. Et encore, c’était avant l’annonce par le gouvernement de suspendre sine die l’écotaxe… Les entreprises attendront. Quelle tristesse ! » M. Didier a également évoqué la desserte ferroviaire des Hautes-Alpes, le classement de Gap en zone vulnérable au titre de la Directive Nitrates, la « baisse de 20% d’ici 2017 des dotations de l’Etat pour la Ville de Gap et la communauté d’agglo »… Puis il a dénoncé « les mensonges, les promesses non tenues, les effets d’annonce : nos concitoyens sont fatigués d’entendre cela. Ils sont fatigués de nos guéguerres stériles et inutiles. » Et Roger Didier de prendre l’exemple de la Savoie « où Michel Barnier et Louis Besson savaient s’unir à l’extérieur pour obtenir ce qu’ils voulaient. Au lieu de tirer la couverture à soi, de nous livrer à des guéguerres stériles, nous ferions mieux de faire preuve d’une solidarité gapençaise, que ce soit pour le parking de Bonne, pour la rocade, pour le train… Soyons positifs, constructifs, solidaires. »

Après l'intervention d'un représentant des notaires, le début des échanges a été houleux entre le maire et Karine Berger en particulier.
Après l’intervention d’un représentant des notaires, le début des échanges a été houleux entre le maire et Karine Berger en particulier.

« Chiche », a répondu Jean-Claude Eyraud (groupe Gauche), « mais encore faut-il respecter la démocratie et les avis différents ». Reprenant au bond la proposition du maire, M. Eyraud a invité « tous les élus, quelle que soit leur étiquette, à organiser une grande initiative pour la desserte ferroviaire. Une motion, c’est bien, l’action, c’est mieux. »

La réponse de Karine Berger était plus politique : « Quel bonheur de vous voir repartir en campagne électorale des cantonales de mars, des régionales de décembre, à moins que ce ne soit la volonté de briguer les législatives ou la présidentielle de 2022 ! »
– « Je n’ai pas le melon, moi », l’a coupée M. Didier.
Et Mme Berger de poursuivre : « Vous avez le bonheur de toucher 1 M€ (2,4 en réalité, a précisé le maire) en ayant créé la communauté d’agglomération. C’est maintenant de notre souveraineté pleine et entière de pouvoir commencer les travaux de la rocade. Mon bonheur serait complet si nous avions mis en place les activités périscolaires dès le début de l’année scolaire, si nous arrivions à trouver une solution plus stable face aux problématiques du personnel municipal et si nous passions aux affaires du conseil municipal plus d’une heure après le début de notre séance après toutes ces annonces de candidatures et ces questions nationales. »

L’intervention de Guy Blanc a été plus brève : « Vous présentez le nouveau Didier. Vous qui refusez de me saluer, je doute que vous vouliez travailler avec moi. »

Activités périscolaires : « Notre première préoccupation, c’est de compter les enfants » (François Daroux)

Roger Didier s’est surtout attaché aux « affirmations infondées » de Karine Berger pour lui répondre avec une certaine véhémence : « Vous ne savez même pas ce qui se passe aux services techniques, où vous n’avez jamais mis les pieds. Vous ne savez pas ce qui se passe dans les activités périscolaires et qui est bien supérieur à ce qui est proposé dans bien des communes. Vous ne vivez pas dans ce territoire, vous ne le connaissez pas. Vous ne faites que du vent. Répondez-nous sur ce que vous avez fait et ce que vous faites pour le ferroviaire, pour la directive Nitrates, pour la désertification… Assumez vos responsabilités ! »
– « Ce n’est pas le lieu pour en parler. Mais nous pouvons prendre un rendez-vous », a répliqué Mme Berger.

Le premier adjoint, François Daroux, a quant à lui évoqué la réforme des rythmes scolaires : « Je n’ai jamais connu un dossier aussi compliqué à mettre en place. Nos éducateurs spécialisés ne font pas de la garderie, ils font des activités, nous faisons ce que nous pouvons, modestement. Aujourd’hui, notre première préoccupation, c’est de compter les enfants. On a déjà failli avoir deux petits problèmes, dont un hier (jeudi). Il y a beaucoup d’enfants qui fréquentent les NAP alors qu’ils n’étaient pas inscrits, et d’autres qui devraient y être et qui n’y sont pas. Personne ne détient la vérité sur ce problème. »

LIRE EGALEMENT
> Gap : le conseil municipal relance le projet du parking de Bonne
> Plusieurs motions adoptées… avec plus ou moins d’unanimité


+ Sur le même sujet...