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Intercommunalité

Intercommunalité : le grand chantier de la réduction engagé par le préfet

La commission départementale de la coopération intercommunale (CDCI), réunie, ce vendredi, par le préfet des Hautes-Alpes Pierre Besnard, a du pain sur la planche. Renouvelée à la suite des élections municipales, elle va être appelée à se prononcer sur la nécessaire réduction du nombre d’intercommunalités dans le département. Il existe aujourd’hui 19 communautés de communes et une communauté d’agglomération. L’objectif le plus ambitieux du préfet serait de passer à cinq (le Grand Buëch, le Champsaur-Valgaudemar, Serre-Ponçon, le Grand Briançonnais étendu jusqu’au Queyras et une communauté d’agglomération du Gapençais élargie vers Tallard et La Bâtie-Neuve).

« J’ai redit aux membres de la CDCI que la loi allait donner des pouvoirs exorbitants aux préfets en 2017 pour redessiner les intercommunalités », indique Pierre Besnard. « Autant arriver à une solution entre nous avant, elle n’en sera que meilleure. Il faut au moins arriver à des avancées d’ici 2016. » De fait, « j’ai été agréablement surpris », assure le préfet. « Tout le monde a joué le jeu et a fait des propositions. » Les élus de la CDCI ont ainsi en main deux propositions du préfet, celle -très resserrée- envisagée par l’ancien sénateur Pierre Bernard-Reymond et une nouvelle proposition faite par la députée Karine Berger.

« Ce n’est pas vraiment une proposition », nuance Mme Berger, prudente sur cette question éminemment délicate. « Il était intéressant de donner plusieurs façons de faire évoluer la carte. J’ai soumis une carte, mais c’est un élément de réflexion. » Elle envisage ainsi un grand Buëch (de Laragne-Montéglin au Dévoluy), une légère  évolution de l’agglo de Gap vers Tallard (mais pas vers La Bâtie-Neuve), un grand Serre-Ponçon, un grand Briançonnais-Queyras et le Champsaur-Valgaudemar réunis.

Jean-Yves Dusserre :
« On ne peut pas
faire
de mariages forcés »

De son côté, le nouveau sénateur Jean-Yves Dusserre, président du Conseil général, n’a « pas fait de proposition à ce stade. Toute proposition qui viendrait maintenant et qui serait imaginée par un cerveau, quelle que soit ses capacités, serait prématurée. Il faut que le travail se fasse territoire par territoire. Quelle que soit la volonté du préfet d’avancer vite, on ne peut pas faire de mariages forcés. Et je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’on dépasse les limites du département. »

Lors de la réunion de la CDCI, Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin et présidente de la communauté de communes du Laragnais, a d’ailleurs révélé que des discussions étaient en cours entre le Laragnais et trois intercommunalités limitrophes des Alpes-de-Haute-Provence. Le préfet reconnaît « une logique » avec le Sisteronais, si ce dernier est d’accord. Une hypothèse désapprouvée par Karine Berger : « Si l’échelon départemental est affaibli par la réforme territoriale, il n’est pas question de remettre en question les frontières du département avec les intercommunalités. Il ne faut pas s’amuser à ça. »

Gapençais : le statu-quo « n’est pas envisageable », dit le préfet

Dans le Gapençais, la volonté du maire de Gap, Roger Didier, et de Christian Hubaud, maire de Pelleautier, semble être de maintenir le statu-quo jusqu’au terme de cette mandature. « Ce n’est pas envisageable », a martelé le préfet. Le rapprochement entre les trois communautés de communes du Champsaur et du Valgaudemar est un objectif qui semble atteignable. « J’ai bon espoir », dit Jean-Yves Dusserre.

Dans le nord du département, le projet de créer une très grande intercommunalité de La Grave à Saint-Véran suscite des résistances, notamment dans le Guillestrois. « Il y a une forme de consensus », veut pourtant croire Karine Berger. « Je n’ai pas dit qu’il était total, ni que nous y parviendrons, mais l’idée a considérablement évolué. » Jean-Yves Dusserre n’en disconvient pas, « mais les compétences sont tellement différentes entre les différentes communautés de communes que les élus disent : Si vous faites ça, vous nous plombez. »

« Tout le monde a bien conscience qu’il faut évoluer », reconnaît M. Dusserre. « J’attends vraiment de discuter dans chaque territoire avant de me prononcer. Mais le problème du moment, c’est plutôt le financement. Faire des intercommunalités plus fortes pour avoir des projets plus ambitieux, c’est bien, mais si, en même temps, on réduit nos moyens, c’est un antagonisme complet. »

C’est désormais Chantal Eyméoud, désignée rapporteur général de la CDCI, qui va piloter les discussions, épaulée par des rapporteurs délégués.


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