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Préfet Chantal Eyméoud

Intercommunalité : pour Chantal Eyméoud, « il faudra parvenir à des mariages de raison »

Chantal Eyméoud, maire d’Embrun et présidente de la communauté de communes de l’Embrunais, a été désignée rapporteure générale de la CDCI (commission départementale de coopération intercommunale), lors de la réunion de cette instance, le 10 octobre dernier. Elle aura donc à établir les propositions que pourra faire la CDCI au préfet en matière de regroupement des actuelles intercommunalités. L’objectif de l’Etat est en effet d’en réduire le nombre, qui est actuellement de vingt dans le département (19 communautés de communes et la communauté d’agglomération du Gapençais). Plusieurs hypothèses ont été évoquées pour servir de base aux discussions.

Interrogée par L’e-media 05, Mme Eyméoud considère qu’il y a trois critères à prendre en compte : « En premier lieu, il faut voir quels sont les projets qui peuvent réunir les territoires, puisque l’objectif est d’en faire des territoires de projets ; par ailleurs, nous devons examiner quelles sont les compétences actuellement exercées par les différentes intercommunalités et ce qui pourrait être envisagé en cas de rapprochement entre elles sans menacer les équilibres ; enfin, il y a la question de la fiscalité. J’ai demandé ce mardi au préfet que les services de l’Etat nous fournissent quelques hypothèses en fonction des rapprochements possibles car il y a des situations qui peuvent être très différentes. »

Pour Chantal Eyméoud, « il ne peut pas y avoir de mariages forcés. Il faut encourager les mariages d’amour, mais ce n’est pas toujours facile. Il faudra aussi parvenir à des mariages de raison. Mais cela prendra du temps. »

Le préfet : « Il faut bien fixer des échéances »

Le préfet Pierre Besnard constate qu’il existe « une vraie prise de conscience » de la part des élus. « J’ai défini un calendrier devant la CDCI. On nous dit qu’il faut discuter, mais ça fait 20 ans qu’on discute ! Il faut bien fixer des échéances. Le projet de loi NOTR, en cours de discussion au Parlement, va donner des pouvoirs exorbitants aux préfets pour réduire le nombre d’intercommunalités. J’ai donc mis le marché entre les mains des élus. » Y compris dans le Gapençais : « Une refonte de l’intercommunalité qui ne prenne pas en compte le poumon économique du département, ce n’est pas possible. Je souhaite que les élus du Gapençais accélèrent pour approfondir l’intercommunalité. »

Le préfet se félicite aussi des discussions en cours dans de nombreuses communes pour envisager des fusions de communes, à l’instar de ce qu’ont déjà mis en oeuvre le Dévoluy et Saint-Bonnet-en-Champsaur. Une proposition de loi va d’ailleurs les encourager. Parmi les secteurs qui envisageraient cette possibilité : Ristolas, Abriès et Aiguilles ; Molines-en-Queyras et Saint-Véran (« C’est plus dur », reconnaît la sous-préfète de Briançon, Isabelle Sendrané) ; Villar-d’Arène et La Grave ; les trois communes de la Guisane ; Vallouise, Pelvoux et Les Vigneaux ; Saint-Clément-sur-Durance et Réotier ; le canton de Rosans ; La Beaume et La Haute-Beaume, ainsi que plusieurs communes très peu peuplées du sud du Buëch.

« Pour certaines communes, c’est vraiment un souci de subsistance », relève Pierre Besnard. « Mais attention, je ne veux pas qu’on s’en serve d’alibi pour retarder les rapprochements d’intercommunalités. Ce n’est pas incompatible. »


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