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Marc Touati (12)

Gap : « Les crises sont toujours des phases d’opportunité », selon Marc Touati

Marc Touati a souligné la nécessité pour la France de développer une stratégie de niches et de viser une croissance internationale.
Marc Touati a souligné la nécessité pour la France de développer une stratégie de niches et de viser une croissance internationale.

L’économiste Marc Touati a livré son analyse de la crise actuelle et surtout ses solutions pour en sortir, ce mardi soir, lors du 3e dîner de l’économie, organisé au Quattro à Gap par l’UPE 05 (Union pour l’entreprise) et le Crédit agricole Alpes-Provence.

« Les crises sont toujours des phases d’opportunité ; il faut oser regarder vers l’avenir, investir », a lancé M. Touati aux 400 chefs d’entreprise réunis pour l’occasion. « Il faut voir comment nous, la France et les entreprises, pouvons sortir grandis de la crise. »

Marc Touati a mis en exergue la nécessaire relance de la croissance. « Mais attention, il faut faire attention à la dépense publique. Comme pour le cholestérol, il y a la bonne et la mauvaise… S’endetter, ce n’est pas grave si l’endettement génère de la croissance, a analysé l’économiste. Un déficit public, ça ne peut exister que quand ça va mal. Le problème de la France, c’est qu’il n’y a eu aucun excédent depuis 1974 ! On ne peut pas continuer comme ça. »

Ce dîner de l'économie a été ouvert par Boris Perdigon, président de l'UPE 05, Michel Bonnes, vice-président du Crédit agricole Alpes-Provence, et Serge Goana, nouvelle directeur général adjoint de la banque.
Ce dîner de l’économie a été ouvert par Boris Perdigon, président de l’UPE 05, Michel Bonnes, vice-président du Crédit agricole Alpes-Provence, et Serge Goana, nouvelle directeur général adjoint de la banque.

Les Etats-Unis sont sortis de la crise et la croissance mondiale reste soutenue à 3,5% en 2014. La France, en revanche, n’affiche que 0,3% de croissance moyenne depuis 2008, et celle-ci atteint 0,8% pour la zone euro. « Nous avons un euro beaucoup trop fort », considère M. Touati. « Heureusement, Mario Draghi est arrivé et a baissé les taux de la Banque centrale européenne. Maintenant, il faudrait la planche à billets, comme l’ont fait les Américains, mais les Allemands ne veulent pas. Ils y sont prêts si nous faisons des réformes structurelles. »

Marc Touati a évoqué plusieurs solutions pour la France : « Baisser les impôts pour tout le monde, en particulier l’impôt sur le revenu et la CSG ; baisser les dépenses publiques, notamment de fonctionnement (depuis 1959, la dépense publique n’a jamais baissé, et elle a augmenté de 100 milliards d’euros en dix ans) ; fluidifier le marché du travail. » L’économiste a également défendu la nécessité pour la France de développer des stratégies : « Développer des niches, communiquer dessus, encourager l’innovation et développer une stratégie de croissance internationale. »

A ses yeux, les entreprises françaises devraient notamment s’investir dans les nouvelles technologies de l’énergie, dans lesquelles la France accuse un retard, et dans celles de l’agroalimentaire, « car il va falloir nourrir 9 milliards d’êtres humains ».


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