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Palais de justice (3)

Infanticide de Puy-Saint-Vincent : la mère condamnée à sept ans de prison

La cour d’assises des Hautes-Alpes a condamné Coralie, 31 ans, à sept ans de prison pour le meurtre de son bébé qui venait de naître, dans la nuit du 11 au 12 février 2012 à Puy-Saint-Vincent. Elle sera ensuite soumise à un suivi sociojudiciaire pendant trois ans. L’avocate générale avait requis dix ans d’emprisonnement et cinq ans de suivi sociojudiciaire. La cour d’assises a rendu son verdict au terme de trois heures et demie de délibéré.

Avant que le jury ne se retire pour délibérer, Me Nicolas Charmasson avait demandé à la cour d’assises de ne pas envoyer sa cliente en prison. L’avocat de la défense avait insisté sur la solitude de Coralie. « Elle n’a pas de mère à 13 ans, parce qu’elle l’a abandonnée. Elle n’a pas de mère à huit ans, quand sa soeur est morte, parce qu’elle est tombée, ivre morte. Elle n’a pas de mère à un an, parce qu’elle était déjà ivre et qu’elle mettait l’eau des patates dans le biberon de sa fille chétive. » Rappelant que sa première grossesse s’était terminée par un accouchement sous X, la deuxième par un avortement et la troisième par cet infanticide, Me Charmasson a estimé que « cela s’appelle un déni de grossesse. Ce n’est pas possible autrement. Elle ne pense pas à sa grossesse, même si elle sait qu’elle est enceinte. »

« Ne vous trompez pas », a lancé l’avocat aux jurés. « Elle ne tue pas, elle accouche seule, sans recours. Qui pourrait-elle appeler ? Son père, qui est à 90 km de là ? Le père de l’enfant, à qui elle a caché sa grossesse depuis neuf mois ? C’était une situation de panique, comme l’a expliqué l’expert psychiatre. Elle était au milieu de ces flaques de sang, dans la cuisine de l’hôtel où elle travaillait. Vous la pensez lucide et raisonnée ? »

« Elle est responsable de cet acte », a reconnu Me Charmasson. « Elle est responsable de cette situation dans laquelle sa personnalité l’a placée. Elle avance depuis deux ans et demi avec le travail psychiatrique, psychologique et contraceptif aussi. Elle prend tous les soins du monde, c’est ça qui la libère. Qu’est-ce que va changer la prison ? »

Dans son ultime déclaration à la cour d’assises, Coralie a indiqué qu’il « y a deux ans et demi que je me rends malade. Je demande pardon à Sébastien (le père de l’enfant), à mon père, à ma patronne. Cette peine-là, toute ma vie, je vais la payer. »


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