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François Drapé et Maurice Brun

La CCI 05 en faillite si le projet de loi de finances 2015 passe en l’état

28 Oct 2014 - 11:27

« Je ne sais plus comment faire, je suis désarmé », glisse Maurice Brun en évoquant l’avenir difficile qui se profile pour la CCI si la loi de finances 2015 passe en l’état. Ce lundi, se tenait une assemblée générale extraordinaire pour élire le trésorier de la chambre consulaire, après le décès de Jean Rei auquel Maurice Brun a rendu hommage. « La CCI était sa deuxième maison L’émotion m’envahit quand je me remémore les souvenirs qui nous liaient. » Pascale Philip, jusqu’alors trésorière adjointe, devient trésorière, et sera suppléée par Roland Roussel. Cette nouvelle équipe va devoir gérer une situation financière plus que délicate.

Le projet de loi de finances 2015 prévoit une baisse progressive de la ressource fiscale annuelle de 7, 26 et 37 % de 2015 à 2017. Ce qui signifie pour la CCI des Hautes-Alpes « une diminution de la ressource annuelle de 500.000€ à trois ans et une confiscation totale de sa trésorerie qui devient négative dès 2015 ». Aussi, la CCI se verrait prélever 1,9 million d’euros sur son fonds de roulement dans le cadre du projet de loi de finances 2015. Dans la mesure où les CCI ont l’obligation de garder trois mois de fonds de roulement, la chambre consulaire se trouverait en faillite (entre 300.000 et 400.000€ de déficit). Car les travaux de la CCI, qui s’apprête à emménager dans ses nouveaux locaux au-dessus de la Poste, rue Carnot, étaient prévus de longue date…

« La loi de finances 2013 nous a déjà contraints à l’arrêt des travaux au sein de notre centre de formation : la dernière tranche reste en suspens. Ce sont quelques marchés en moins pour nos entreprises », soulève le président de la CCI. Cette même loi de finances 2013 « nous avait déjà contraints à une diminution de 21% de notre masse salariale, passant de 52 à 41 permanents, postes aujourd’hui dans la balance », s’inquiète Maurice Brun qui ne comprend pas la démarche de l’Etat. « Un prélèvement aussi intempestif de la ressource des CCI ne contribuera certainement pas au redressement économique de notre pays : les CCI ne coûtent rien à l’Etat qui ne verse aucune subvention. »

Joël Giraud reçu par le ministre du Budget ce mardi puis par le Premier ministre le 3 novembre

En plein désarroi, Maurice Brun a exhorté les parlementaires à intervenir. Le député PRG Joël Giraud avait obtenu des avancées… avant que ses amendements en faveur des CCI ne soient rejetés lors d’une seconde délibération à la demande du gouvernement il y a une dizaine de jours. En colère, une partie des députés PRG avaient alors menacé de voter contre la première partie de la loi de finances. Ils avaient ainsi obtenu la révision du financement des CCI rurales. Le ministre du Budget Christian Eckert recevra ce mardi Joël Giraud et sa collègue des Hautes-Pyrénées Jeanine Dubié pour évoquer l’ensemble des amendements du groupe radical à l’Assemblée tandis que Manuel Valls, qui s’y était engagé, recevra quant à lui les deux députés sur le thème exclusif des CCI le 3 novembre, en présence de Michel Sapin, ministre des Finances, et du ministre du Budget.

« L’Etat ne vous abandonne pas. Nous vous écoutons », répond le secrétaire général de la préfecture François Drapé. Il rappelle que le ministre de l’Economie Emmanuel Macron sera prêt à revoir certaines hypothèses au printemps, lorsqu’un point sur la situation sera fait.

Pour l’heure, ce jeudi, lors de la réunion du bureau régional, Maurice Brun entend demander 150.000€ pour chaque département alpin au titre de la solidarité régionale.


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