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Vars

Récupérer des lits chauds en station : le syndicat de l’hôtellerie a peut-être la solution

29 Oct 2014 - 9:48

Lors de l’assemblée générale de la CCI lundi soir, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie 05 (Umih) Marc Gueydon a évoqué le problème du manque de lits chauds (lits fortement occupés) en station. Vars, par exemple, a perdu quatre résidences de tourisme sur les six qui existaient ; il en reste une seule à Puy-Saint-Vincent sur les trois.

Avec le fleurissement des lois sur la défiscalisation, à la fin des années 1990, des particuliers avaient massivement investi en station en devenant des loueurs professionnels de meublés. En confiant leurs biens à de gros gestionnaires (du type Pierre et Vacances, Odalys…), ils s’engageaient par le biais de baux locatifs de 9 ou 15 ans et obtenaient ainsi une garantie de loyers. Les stations ont connu à cette époque une envolée en matière de lits chauds. Mais la donne change dès 2010/2012 avec les premiers échecs : « Des gestionnaires de résidences de tourisme ont déposé le bilan et il n’y a pas forcément eu de repreneur derrière », résume Marc Gueydon. Il y a aussi les propriétaires qui exigent des loyers trop élevés ou dont les biens sont mal placés pour lesquels ces « gros faiseurs » annulent les baux. Tous ces lits chauds deviennent alors des lits froids (faiblement occupés).

Problème : les stations s’étaient fortement équipées pour pouvoir répondre à la demande. « Avec cet afflux de lits chauds, les stations ont contracté des crédits pour construire des remontées mécaniques. Aujourd’hui, les exploitants de remontées doivent continuer à honorer leurs emprunts. Le prix des forfaits a été augmenté mais ne peut l’être indéfiniment. Dans le même temps, on a créé un grand nombre de commerces qui tirent la langue aujourd’hui. Là où on avait 10.000 lits chauds pour 100 commerces, il n’en reste aujourd’hui que 4.000. » Marc Gueydon estime qu’il manquerait 4000 lits chauds à Serre Chevalier, 2.000 à Vars… « Un lit chaud rapporte 1.000€ aux remontées, un lit froid entre 200 et 300€. »

Les hôteliers et commerçants de station incités à reprendre ces lits chauds

Cette pénurie de lits chauds pose un autre problème. « Les tours opérateurs aiment envoyer de gros volumes de clients au même endroit. Les petits hôteliers ne sont pas structurés pour. On fait 90% de Français, 10% d’étrangers tandis que les gros faiseurs font 40% d’étrangers. On est complètement hors course. » Alors comment faire pour récupérer ces lits chauds ? Pour le président de l’Umih, les agences immobilières ne sont pas la solution, « elles ne savent pas faire ». Les mandats de location ne garantissent pas un taux d’occupation maximal. Marc Gueydon pense plutôt aux hôteliers et autres commerçants déjà présents dans ces stations qui souhaitent s’agrandir. « Le syndicat se propose d’être l’interlocuteur pour favoriser la reprise de ces lits. Il a monté une mallette magique… » Marc Gueydon n’en dira pas plus, à part ceci : « Il faut avoir un peu de fonds propres, garantir aux gens des loyers et avoir un bon réseau de commercialisation. » Pour le président de l’Umih, lorsque une résidence de tourisme s’apprête à fermer, le moment crucial se joue dans les deux heures que dure l’assemblée générale. Au moment du départ du gestionnaire, tous les propriétaires indépendants se réunissent. « On a deux heures pour sauver la situation. Après, c’est fichu. »

Marc Gueydon a déjà interpellé les maires, le préfet, le conseil général et la CCI. Le secrétaire général de la préfecture François Drapé a signalé à l’assemblée que le préfet avait sensibilisé les maires de station à ce sujet et que l’Etat était prêt à les accompagner. Il a ajouté que cette thématique avait été abordée avec le ministère du Tourisme.

Des projets bloqués par de trop grosses exigences urbanistiques
Toujours au sujet de la pénurie de lits chauds, Jérôme Jarniac, membre de la CCI, évoque ces documents d’urbanisme (Pos, PLU) qui bloquent les projets en contraignant la construction d’une place de parking souterraine par chambre, sachant que ces places ne sont occupées à 100% que quelques semaines par an. C’est le cas à Chantemerle, notamment.


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