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Manif agriculteurs (3)

Gap : les agriculteurs en colère ont allumé un feu devant la préfecture (vidéo)

Quelque 70 agriculteurs de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) et des JA (Jeunes agriculteurs) se sont rassemblés, ce mercredi, vers 22h, devant la préfecture des Hautes-Alpes, à Gap, où ils ont allumé un « feu de détresse ». Dans le cadre de l’appel national lancé par la FNSEA et les JA, sept « actions coup de poing » avaient été organisées dans l’après-midi ou en début de soirée à La Saulce, Saint-Bonnet-en-Champsaur, Serres, Laragne-Montéglin, Chorges, Savines-le-Lac et Guillestre, réunissant quelque 300 agriculteurs selon les deux syndicats. Mais de façon imprévue, plusieurs des participants ont souhaité converger vers Gap. Les agriculteurs manifestaient leur ras-le-bol sur un certain nombre de sujets (loup, directive Nitrates, débits réservés dans les cours d’eau, application de la PAC, conséquences de l’embargo russe, paperasserie…).

Des bottes de paille et des pneus d’engins agricoles ont été brûlés sur l’esplanade du Conseil général. A 22h35, le préfet Pierre Besnard a reçu une délégation des deux syndicats agricoles pour un entretien qui a duré trois quarts d’heure. FDSEA et JA ont notamment évoqué la question du loup, en demandant « qu’il y ait plus de réactivité entre les attaques et la prise de mesures de tirs » et « qu’il y ait un plus grand nombre de lieutenants de louveterie pour être plus efficace lors des battues ».

S’agissant de la directive Nitrates et du projet de classer trois communes (Gap, Rambaud et Saint-Laurent-du-Cros) en « zones vulnérables », la délégation a fait remonter ses « inquiétudes ». Le préfet a indiqué que le ministère de l’Ecologie avait proposé une évolution sur les zonages en prenant en compte les bassins versants au lieu des communes. Selon les syndicats, Pierre Besnard a évoqué la possibilité que seule une partie du territoire de Gap et de Rambaud soient classées en zones vulnérables (et non plus la totalité des deux communes) et que Saint-Laurent-du-Cros soit exclu de la directive. « Nous devons continuer à nous battre », a indiqué Pierre-Yves Motte, président de la chambre d’agriculture, à l’issue de l’entretien.

Les Jeunes agriculteurs se sont inquiétés des conséquences de la régionalisation du parcours d’accompagnement à l’installation à partir du 1er janvier. « Nous avons demandé à l’Etat que le dispositif soit prêt à temps ou à défaut qu’il instruise les dossiers de début 2015 à la place des régions. Il ne doit pas y avoir de retard dans les installations de jeunes en agriculture à cause de changements administratifs ! »

Enfin, René Laurans, président de la FDSEA, a dénoncé le risque que « les surfaces herbagères que nos troupeaux valorisent et entretiennent ne soient plus éligibles à la PAC (politique agricole commune). Il est inconcevable pour nous qu’un mélézin ou un sous-bois pâturé ne soient plus considérés comme des surfaces agricoles éligibles. Le préfet nous a indiqué que la plupart de ses homologues avaient déjà fait remonter ce problème au ministère et qu’il le ferait à son tour. »


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