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Maurice Brun (7)

Maurice Brun : « Nous devons être des commerciaux pour attirer les entreprises »

9 Nov 2014 - 15:25

A quelques jours du lancement de l’agence départementale de développement économique et touristique, dont le coup d’envoi sera donné lors de la Nuit du tourisme, le président de la CCI Maurice Brun révèle sa volonté de voir naître, au sein de cette structure, une cellule restreinte chargée d’encourager les entreprises de l’extérieur à s’implanter sur le territoire et de faciliter le maintien de celles qui sont déjà installées dans les Hautes-Alpes. Pour certaines, la tentation est en effet grande de s’en aller face aux propositions alléchantes d’autres départements venus les conquérir. « Des cabinets sont missionnés pour cela et rémunérés à la commission », souligne Maurice Brun. Mais ici, personne pour les retenir, déplore-t-il. Le cas s’est encore présenté récemment d’une entreprise de pointe, employant plusieurs dizaines de salariés, que deux départements ont tenté de venir débaucher, à coups de plusieurs années de loyer gratuit et de financement du déménagement. Pour l’instant, elle est toujours là, mais pour combien de temps ?

« Les personnes de la classe politique et économique devraient se muer en commerciaux. Il faut être de véritables sangsues », estime-t-il. Pour Maurice Brun, il faut être à l’écoute des besoins et des doléances de ces sociétés, être un médiateur, un facilitateur dans le domaine des démarches administratives et commerciales, monter le dossier, aller chercher les financements, anticiper. « Chaque semaine, des informations sur des entreprises nous parviennent. Il faut leur téléphoner, être très réactifs par rapport aux problèmes qui peuvent se poser, et qui peuvent même concerner l’emploi des conjoints de salariés qu’elles recrutent… », estime M. Brun. Quant aux entreprises en quête d’un site d’implantation, « il faut les inviter dans le département, leur faire visiter des terrains, rencontrer les élus et ne rien lâcher tant qu’on n’a pas une réponse de leur part. » Voilà en quoi consisterait le travail de terrain de cette cellule.

Une unité de transformation pour sauver la filière arboricole

Sa deuxième idée concerne la sauvegarde de l’arboriculture, première filière agricole et deuxième filière économique du département. L’arboriculture doit faire face à une concurrence toujours plus féroce des pays étrangers, mais aussi des départements voisins. Maurice Brun espère embaucher une chargée de mission afin de réaliser une étude de faisabilité quant à l’implantation d’une unité de transformation de ces fruits. « J’ai la personne, mais je n’ai pas les reins assez solides pour lui payer son salaire », confie le président de la CCI. Il a sollicité le conseil général et attend toujours une réponse de sa part. « Dans la Drôme, il y a trois personnes employées par le Département pour cette filière », témoigne le président de la CCI. Pour lui, si les Hautes-Alpes se contentent de produire les fruits, le secteur arboricole s’effondrera d’ici à dix ans.

Deuxième domaine à chouchouter : l’aéronautique. La création du centre de formation Polyaéro va inciter d’autres entreprises de ce domaine à s’implanter sur l’aérodrome Gap-Tallard, avec l’avantage de recruter la main d’œuvre de demain sur place, pense le président de la chambre consulaire. C’est une des raisons pour lesquelles il dit s’être opposé à l’implantation de Brico dépôt. De même que, s’il se félicite du projet de création d’une usine de yaourts à Tallard, il regrette que ce soit sur cette même zone.

Créée à l’initiative du Conseil général, l’agence départementale de développement économique et touristique aura de nombreux défis à relever. Maurice Brun, très conscient des forces et faiblesses de son territoire, observe que « dans ce département, on est un peu frileux, pour ne pas dire beaucoup. On continue à vivre comme de bons paysans montagnards », constate-t-il, désolé.


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