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Pierre-Yves Motte (10)

La chambre d’agriculture a adopté un « budget de résistance » contre la baisse des recettes

La chambre d’agriculture des Hautes-Alpes a adopté, ce mardi après-midi, un « budget de résistance », selon les propres termes de son président, Pierre-Yves Motte. En d’autres termes, « ce budget revendicatif ne respecte pas les orientations de la loi de finances ». Le préfet Pierre Besnard, qui participait à cette session de l’organisme consulaire, a regretté le vote d’un « budget insincère ».

Tout en protestant ainsi contre les « contraintes imposées à nos petites chambres » et en espérant « être soutenu par nos parlementaires », M. Motte précise que la chambre d’agriculture a adopté un budget « qui participe à l’effort général de réduction des dépenses publiques ». L’organisme consulaire s’engage ainsi dans une « mutualisation régionale » de certaines fonctions support (paye, informatique, communication…) et celle du service de l’élevage, qui va « aller crescendo ». « Etant donné le tour de vis supplémentaire qu’on nous demande, nous aurons du mal à conserver tous les services et prestations, mais nous ferons en sorte d’éviter le plus possible d’impact sur notre personnel », indique Pierre-Yves Motte.

Concrètement, ce budget d’environ 3 millions d’euros ne prend pas en compte la baisse de 5,35% du produit de l’impôt qui figure dans le projet de loi de finances pour 2015. Cela se traduirait par une réduction des recettes de 67.000€ pour la chambre d’agriculture, étant précisé que cette baisse doit être reconduite les deux années suivantes.

Le préfet devrait contester ce budget, mais la chambre d’agriculture invoque le fait que la loi de finances n’a pas encore été adoptée et n’est donc pas applicable. « Ce n’est pas un coup de poker », souligne M. Motte. « Nous pourrons faire un budget modificatif en fonction des amendements qui auront pu être adoptés. Il faut faire en sorte qu’il y ait moins de contraintes pour nos petites chambres. »

« Il serait dommage d’aller se battre pour des marchés sur lesquels nous ne serions pas compétitifs
alors que nous avons des marchés qui nous tendent les bras localement »

Autre sujet de discussion lors de cette session : l’organisation des filières agricoles. « Nous avons beaucoup travaillé sur les filières courtes, mais il faut aller plus loin », estime Pierre-Yves Motte. « Il faut que nos produits se retrouvent dans les paniers des Haut-Alpins, des touristes, des restaurants… Nous avons devant nous un marché énorme, il faut que nous nous en saisissions. Il serait dommage d’aller se battre pour des marchés sur lesquels nous ne serions pas compétitifs alors que nous avons des marchés qui nous tendent les bras localement. »

  • La chambre d’agriculture a par ailleurs validé une charte sur le foncier agricole, « car nous ne sommes pas à l’abri de la prégnance urbanistique ». Cette charte « a été élaborée avec l’ensemble des syndicats agricoles et avec la contribution du Conseil général et de l’association des maires », précise M. Motte.
  • Sur la question de la directive Nitrates et du projet de classer Gap, Rambaud et Saint-Laurent-du-Cros en « zones vulnérables », la chambre d’agriculture a émis un avis négatif. « C’est un dossier creux, et ce classement n’est pas représentatif de la qualité des eaux des bassins versants », dénonce le président de la chambre d’agriculture, qui a bon espoir d’obtenir gain de cause.
  • Deux motions ont été adoptées : l’une au sujet du loup et l’autre en soutien au projet de barrage d’irrigation de Sivens. « Nous savons que nous aurons besoin de solidarité pour mener à bien des projets pour le Buëch, même s’ils ne sont pas de la même ampleur », commente Pierre-Yves Motte.


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