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Eleveurs et montagnes

L’unanimité des éleveurs contre le projet de protection des « hybrides du loup »

29 Nov 2014 - 11:36

Les éleveurs français sont vent debout contre un projet qui vise à étendre la convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage, aux hybrides du loup. Il s’agit précisément d’un « projet de recommandation sur les croisements entre les loups sauvages et les chiens domestiques » qui sera soumis au comité permanent de la convention de Berne, réuni à Strasbourg du 2 au 5 décembre. Ce texte invite les Etats qui ont signé la convention de Berne à « promouvoir le repérage des hybrides du loup et du chien circulant dans la nature et de veiller à une élimination, sous le contrôle du gouvernement, de tels hybrides qui seraient présents dans les populations du loup », mais aussi à « accorder dans la législation nationale aux hybrides du loup et du chien présents dans la nature, là où le loup bénéficie d’une protection spéciale (…) équivalent à celui du loup contre les abattages, la capture et les autres agissements interdits par l’article 6, indépendamment de l’élimination prudente, sous le contrôle du gouvernement, de tels hybrides qui vivraient dans les populations sauvages du loup ».

Ce vendredi soir, dans une rare unanimité, l’association Eleveurs et Montagnes, la Fédération nationale ovine, la FRSEA, les Jeunes agriculteurs, la Confédération paysanne, la Coordination rurale, l’association des bergers de Provence et des Alpes du Sud, la Chambre régionale d’agriculture et la Maison régionale de l’élevage ont dénoncé, à Manosque, un projet « grave et dangereux » et « démentiel ». Ils ont notamment reçu le soutien de José Bové, député européen (EELV), qui a demandé le retrait du texte.

« Ce projet est une aberration, estiment les éleveurs. Il détourne la convention de Berne de son objectif qui est la protection de la faune sauvage. C’est comme si, demain, on se mettait à protéger les cochongliers ! C’est aussi une aberration pour l’élevage. On sait que ces hybrides attaquent davantage les troupeaux et on se demande s’ils ne peuvent devenir dangereux pour l’homme. On veut protéger des animaux dont la présence va faire disparaître le loup, le vrai, le canis lupus. »

« Si on lit les études réalisées récemment par des scientifiques italiens, on se demande si l’hybridation n’est pas tellement avancée que les vrais loups ont probablement déjà disparu », observent les associations et syndicats d’éleveurs. « L’hybridation avérée des loups en France a une autre conséquence directe : ces chiens loups ou loups chiens ne peuvent plus bénéficier du statut de protection de la convention de Berne. Ils doivent donc être abattus sans hésitation par les chasseurs ou les éleveurs qui ne peuvent plus être condamnés pour ça ! »

(Notre photo : lors de la manifestation nationale des éleveurs contre le loup, ce jeudi, à Paris)


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