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Les Lessivés

« Lessivés », les chefs d’entreprise haut-alpins manifestent leur ras-le-bol

Après les bonnets rouges et les bonnets noirs, voici les « Lessivés ». C’est l’intitulé qu’ont donné les entrepreneurs des Hautes-Alpes à leur mobilisation contre « les obligations réglementaires et le poids de la fiscalité ». Cette initiative réunit quatre organisations patronales interprofessionnelles (Union pour l’entreprise des Hautes-Alpes, CGPME Hautes-Alpes, Medef Hautes-Alpes, Union professionnelle artisanale 05) et dix-sept syndicats patronaux de branche (domaines skiables, BTP, hôtellerie-restauration, banques, transporteurs, hôtellerie de plein air, professionnels de l’automobile, taxis, pharmaciens, agents d’assurances, agents immobiliers, artisans du bâtiment…).

Les « Lessivés » ont d’ores-et-déjà dialogué avec la députée Karine Berger, ce vendredi à la Sfac, à Gap. Ils vont prochainement rencontrer le préfet Pierre Besnard, le sénateur Jean-Yves Dusserre et le député Joël Giraud. Ils s’associent aux deux manifestations nationales organisées ce lundi 1er décembre à Paris et Toulouse, et n’excluent pas d’autres actions. Ils ont aussi créé une page Facebook pour qu’entrepreneurs et population puissent partager ce qu’ils présentent comme une « mobilisation patronale pour l’emploi et la croissance ».

« Compte pénibilité, loi Hamon, taxation des dividendes, empilement de normes : les entrepreneurs croulent sous les obligations et en ont ras-le-bol », lance Boris Perdigon, président de l’UPE 05. « Des mesures doivent être prises pour rétablir la confiance, poursuivre la baisse des charges afin de travailler à la compétitivité, et simplifier le magma des contraintes qui entoure l’entreprise. Il n’y a pas de raison que ce pays ne soit pas en capacité de se réformer. »

« On veut appliquer à des petites entreprises des règles qui existent dans les grandes entreprises », dénonce Jean-Pierre Brenier, vice-président de l’UPA 05. « Dans nos petites entreprises, le paritarisme existe en direct, en permanence. Il n’y a pas besoin de passer par le DRH pour obtenir un rendez-vous avec son patron! »

« Il n’est pas question de dire
qu’il y a trop de fonctionnaires,
mais il faut réfléchir à ce que sera
la fonction publique de demain »

« Si on en est à descendre dans la rue, c’est qu’il y a vraiment un ras-le-bol, et ce n’est pas une question de politique », précise Pierre-Louis Rougny. « C’est pas faute de discours sur la simplification, mais au lieu de cela, on empile. »

Parmi les demandes du patronat figure « une véritable baisse des dépenses publiques sans dégrader la qualité de nos services publics ». « Il n’est pas question de simplifier en disant qu’il y a trop de fonctionnaires », assure Boris Perdigon. « Il faut réfléchir à ce que sera la fonction publique de demain. Il faut poser les vraies questions au bon endroit. Peut-être qu’il y en a trop à certains endroits, et peut-être qu’au contraire, il n’y en a pas assez à d’autres. » En grande difficulté, le BTP appelle ainsi à la reprise de la commande publique. « On a l’impression que, pour faire des économies, l’Etat a tapé sur l’investissement, pas sur la structure. »


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