Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus
conseil municipal (21)

Gap : les impôts locaux n’augmenteront pas en 2015, c’est la seule certitude

Les impôts locaux de la Ville de Gap n’augmenteront pas en 2015. C’est à peu près la seule certitude qui ressort des orientations budgétaires qui ont été discutées au conseil municipal, ce vendredi soir. Pour le reste, le maire de Gap a mis en avant le « bon état » des finances de la Ville, sa volonté de continuer à « faire mieux avec moins » et de poursuivre les investissements, qui dépendront « cependant de l’engagement et de la solidarité du Département et de la Région sur lesquels pèsent encore quelques incertitudes liées aux réformes en cours ». Le débat aura donc essentiellement porté sur ce que l’opposition a qualifié de « pauvreté des orientations », pour reprendre les termes de Jean-Claude Eyraud (groupe Gauche).

Roger Didier s'est félicité des "finances en bon état" de la Ville de Gap.
Roger Didier s’est félicité des « finances en bon état » de la Ville de Gap.

Dénonçant le contexte de la baisse des ressources imposée par l’Etat, Roger Didier s’est félicité d’avoir « maîtrisé les charges » et investi « 15,3 millions d’euros par an depuis 2008 » tout en limitant l’augmentation des impôts (0,64% en moyenne par an depuis 2008) et en « abaissant considérablement l’encours de la dette » (-17% depuis 2008). Le maire a d’ailleurs souligné que la Ville n’avait contracté « aucun emprunt en 2014 », et a cité les principaux investissements réalisés cette année : la salle d’escalade, la rénovation de la rue Jean-Eymar « qui va se poursuivre en 2015 », « le dossier emblématique du parc-jardin Bernard-Givaudan » et la rénovation du stade nautique (2,5 M€). Pour 2015, « nous poursuivrons la maîtrise des charges en approfondissant la mutualisation des services, même si j’ai conscience que c’est un peu difficile actuellement » et « notre objectif est de maintenir notre capacité d’autofinancement ». Car la municipalité a « la volonté de maintenir un haut niveau d’investissement pour stimuler ou accompagner l’expansion de la Ville et soutenir l’activité économique locale », a indiqué le maire, sans entrer dans le détail de ses projets pour 2015.

« Une absence de vision à moyen et long terme », selon Jean-Claude Eyraud

« Nous notons une absence de vision à moyen et long terme de la majorité », a lancé Jean-Claude Eyraud. « Il n’y a rien sur la politique sociale, alors que nous traversons une crise économique et sociale sans précédent. Concernant les tarifs communaux, qui ont connu une augmentation moyenne de 2% par an depuis 2007, nous considérons qu’il est impératif de faire une pause. » Quant aux investissements, « il s’agit d’investissements ponctuels qui ne s’inscrivent pas dans un projet à long terme », a regretté M. Eyraud, appelant à un « programme pluriannuel des investissements ». M. Eyraud a également déploré l’absence de « la transition énergétique » dans les orientations : « Où en êtes-vous de votre engagement d’un minimum de 10% d’économie sur les 2,5 M€ de flux dépensés annuellement ? »

L'opposition a regretté un "manque de vision" de la municipalité.
L’opposition a regretté un « manque de vision » de la municipalité.

« Ce ne sont pas des orientations mais un satisfecit sur la gestion budgétaire de la Ville », a estimé Bernard Jaussaud (PS), après avoir pris la défense du président de la République et du gouvernement « qui font face dans la tempête pour préserver un modèle social et moderniser une économie exsangue, victime notamment de ce qui a été fait depuis dix ans ».

« La volonté de désendetter est louable mais ce n’est pas une fin en soi », a indiqué Elsa Ferrero (PCF). « La Ville doit faire le choix de ne pas augmenter ses tarifs. »

« Comment prévoir un plan pluriannuel d’investissements alors que nous ne savons pas à quelle sauce nous allons être mangés et que nos dirigeants changent tous les jours d’avis », a rétorqué Roger Didier après les différentes interventions de l’opposition. « Il y a un comportement anachronique de nos dirigeants. La France est en train de s’enfoncer dans un marasme qui coûte cher à nos concitoyens. C’est un peu facile d’accuser les gouvernements précédents… » Quant aux tarifs des services communaux, « nous souhaitons qu’ils soient toujours un peu à la hausse », a expliqué le maire.

« C’est justement parce que nous sommes dans une période d’incertitude qu’il faut un plan pluriannuel avec des priorités chiffrées », a objecté M. Jaussaud. « Aujourd’hui, la visibilité est nulle. »

« Relisez mon programme municipal », lui a répondu M. Didier. « Reprenez-le et cochez chaque fois que nous réalisons quelque chose. En fonction de ce que feront vos amis en haut lieu, nous serons peut-être amenés à baisser la voilure. »

Le Quattro : Bernard Jaussaud dénonce une « subvention disproportionnée »

Le conseil municipal a adopté une subvention de fonctionnement de 365.000€ à l’espace culturel polyvalent « Le Quattro ». Il s’agit de couvrir les frais lorsque la salle est mise à disposition gratuitement ou à tarif préférentiel (263.000€), de maintenir des prix abordables pour les spectacles (65.000€) et de financer son utilisation par les services municipaux (37.000€). « C’est tout à fait disproportionné », a dénoncé Bernard Jaussaud, rappelant que le Quattro était un service industriel et commercial. « Ce genre de programmation s’équilibre partout ailleurs. »

« Le résultat est considérable », a opposé Martine Bouchardy, adjointe à la Culture. « Le but est que la culture soit accessible au plus grand nombre. Le Quattro accueille 93 manifestations par an. »

« Franchement, vous êtes dans l’improvisation permanente, M. Jaussaud », a poursuivi Roger Didier. « Vous savez bien que la culture a un coût, nous l’assumons. On l’a divisé par trois par rapport aux prévisions. Nous versons 645.000€ pour La Passerelle, la Drac 510.000€… »

« Il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes », a estimé M. Jaussaud. « La Passerelle a un projet culturel, c’est une scène nationale et c’est une chance. Il y a une programmation au Quattro, mais pas un projet culturel. »

« Je regrette la forme de ce débat où on se jette l’anathème », a tempéré Jean-Claude Eyraud. « Il faut de la diversité et il me semble qu’elle existe. Il y a eu cet été à Gap une programmation d’une grande qualité. Je m’interroge d’ailleurs comment ce service, autant amputé, arrive à une telle programmation ! »

L’occasion pour Martine Bouchardy d’indiquer que le coordinateur culturel qui avait été recruté par la Ville « n’est pas venu ». « Nous allons relancer le recrutement », a-t-elle annoncé.

« Si mes souvenirs sont bons, vous êtes venu me voir pour être candidat à mes côtés »

Interpellé par Pierre-Yves Lombard (groupe Jaussaud) sur sa gestion de la ville, du personnel municipal et de sa propre équipe, le maire Roger Didier lui a réservé une réponse cinglante. « Je suis un peu étonné car, si mes souvenirs sont bons, vous êtes venu me voir dans mon bureau, bien avant les dernières élections municipales, pour me dire tout le bien que vous pensiez de ma façon de gérer la ville, en me demandant de pouvoir être candidat à mes côtés », a raconté M. Didier. « J’ai un peu botté en touche, car vous étiez un peu pressé. Que n’ai-je vu ? Que vous vous rassembliez au côté de M. Jaussaud… J’ai besoin d’explication. »

M. Lombard s’est gardé de répondre. En revanche, Bernard Jaussaud a ironisé : « Pour quelqu’un qui a porté les couleurs de la gauche pendant longtemps et qui, à un moment, est passé avec armes et bagages à droite, vous ne manquez pas d’air de vous exprimer ainsi vis-à-vis de Pierre-Yves Lombard. Finalement, il a fait le bon choix ! »


+ Sur le même sujet...