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Grève médecins

Hautes-Alpes : plus de 80% des médecins libéraux suivraient la grève

Plus de 80% des 270 médecins libéraux des Hautes-Alpes suivraient le mouvement de grève organisé pendant les fêtes par trois de leurs syndicats. Leurs cabinets sont fermés jusqu’au 31 décembre, ainsi que le 6 janvier. Les médecins libéraux dénoncent notamment le projet du gouvernement de rendre le tiers-payant généralisé et obligatoire pour les professionnels de santé. Une délégation de treize praticiens a été reçue, ce mardi, à la mi-journée, au siège de la CPAM (caisse primaire d’assurance-maladie) des Hautes-Alpes, à Gap (notre photo). La direction de la CPAM a rappelé qu’elle est « favorable au tiers-payant, qui favorise l’accès aux soins, et qui reste aujourd’hui anecdotique chez les médecins ». La directrice-adjointe de la CPAM, Dominique Bontemps, et la responsable du service des relations conventionnelles ont indiqué à la délégation qu’elle ferait remonter les doléances des médecins à la caisse régionale.

Cette délégation était conduite par Simon Filippi (MG 05), Gilbert Hanoka (FMF 05) et Robert Metz (CSMF 05). Marc Zecconi, par ailleurs conseiller général (PS) de Saint-Firmin, figurait également dans la délégation.

Les médecins estiment que le tiers-payant obligatoire généralisé constitue « une mesure politique qui va nous obliger à passer du temps à des tracasseries administratives », dénonce le Dr Hanoka. « Des études ont montré que cela coûte environ 4€ pour vérifier les indus (liés à un changement de caisse, à une fin de droits, à des problèmes divers…), quel que soit le montant de l’acte, ce qui revient à ramener la consultation de 23€ à 19€ alors que nous demandons qu’elle passe à 25€. » Le Dr Filippi y voit « une étatisation de la médecine libérale sans consultation préalable », car « c’est bien là ce que cache le projet de loi de Mme Touraine ».

« Nous n’avons pas attendu Mme Touraine pour prendre en compte nos patients en difficulté », avance le Dr Hanoka, qui met en avant « le prix modique d’une consultation ». Les médecins libéraux soulignent aussi que le tiers-payant existe déjà « pour les patients en difficulté financière (CMU, AME) et les patients porteurs de pathologies (ALD). Ce tiers-payant existe déjà et fonctionne convenablement, afin que chacun puisse bénéficier d’une prise en charge et d’un traitement adapté. »

Les trois syndicats, unis dans ce mouvement par-delà leurs clivages, considèrent que cette généralisation obligatoire « reviendrait à une fonctionnarisation de notre profession, qui va nuire à la qualité des soins ». Gilbert Hanoka déplore ainsi « qu’on nous demande de faire de l’administratif, alors que la Sécu va faire des soins (le système Sophia vise à suivre les patients souffrant de maladies chroniques, Ndlr) et que les vaccinations peuvent être faites dans les pharmacies ! »


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