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Vivian Maier autoportrait

L’un des deux collectionneurs de Vivian Maier a cédé ses 17.500 négatifs

30 Déc 2014 - 11:46


Vivian Maier doit se retourner dans sa tombe. Jamais de son vivant la photographe américaine d’origine champsaurine n’aurait cru faire l’objet de tant de convoitise. La bataille juridique engagée pour désigner l’héritier légitime aura eu comme triste effet de bloquer la diffusion de l’oeuvre de cette photographe de rue reconnue de manière posthume. La boucle est bouclée : ses bobines sorties du garde-meuble y sont de nouveau entreposées.

Un seul héritier, le frère de Vivian,
introuvable après avoir changé de nom

Il y a trois ans, deux Américains avaient fait l’acquisition de ses négatifs par hasard, au cours d’une vente aux enchères. Se rendant vite compte qu’ils possédaient un petit trésor, John Maloof et Jeff Goldstein s’étaient enquis de faire connaître dans le monde entier les clichés de Vivian Maier à travers des expositions, des livres et des documentaires. Un généalogiste embauché par les collectionneurs avait désigné Sylvain Jaussaud, de Saint-Laurent-du-Cros, comme plus proche parent de la défunte. John Maloof avait obtenu de sa part les droits d’auteur après négociations et Jeff Goldstein avait conclu un arrangement avec M. Maloof. Le conte de fée vécu par les deux Américains a été stoppé net lorsqu’un avocat de Virginie a mis son nez dans l’affaire. Pour quelles raisons ? David C. Deal prétend trouver injuste que ces deux personnes sans lien de parenté avec Vivian Maier puissent jouir des fruits de son travail. Il a alors embauché un autre généalogiste qui aurait découvert un plus proche parent encore en la personne de Francis Baille, un fonctionnaire gapençais à la retraite.

Mais le comté de Cook a établi que seul le frère de Vivian, Charles Maier, pouvait prétendre à l’héritage et lui donne six ans pour se manifester. Car il y a un hic : Charles a changé de nom et a disparu de la circulation dans les années 1950… En attendant, le comté contrôle les droits d’auteur et prend toutes les décisions quant à la diffusion des photos de Vivian Maier. Les deux collectionneurs ne gagneraient qu’un faible pourcentage des revenus générés. C’est ce que révèle un article du Street ShootR daté du 20 décembre.

L’espoir de ressortir ces bobines des cartons

Le galeriste de Toronto Stephen Bulger a racheté les 17.500 négatifs de Jeff Goldstein (Photo Artoronto.ca).
Le galeriste de Toronto Stephen Bulger a racheté les 17.500 négatifs de Jeff Goldstein (Photo Artoronto.ca).

Face à cette situation de blocage qui pourrait durer des années, Jeff Goldstein a décidé de suspendre toute opération et a retiré ses photos des galeries. Ne pouvant rien en faire et estimant que détenir ces bobines est une grosse responsabilité, le collectionneur a vendu la totalité de ses négatifs au galeriste de Toronto Stephen Bulger le 17 décembre dernier avant de retourner à son ancienne vie. Ces 17.500 négatifs, désormais conservés dans la réserve d’un musée, ne représentent que 15% de la collection, le reste étant détenu par John Maloof. A propos de cette transaction, le collectionneur principal estime que ces négatifs « sont entre de bonnes mains ».

Stephen Bulger dit avoir voulu « protéger cette collection » dans le sens où il ne connaît pas les intentions des « personnes qui prétendent contrôler les droits d’auteur ». Le galeriste espère pouvoir ressortir les bobines de leurs cartons et continuer ce qu’avait entrepris Jeff Golstein. « J’espère que le comté de Cook fera quelque chose de cette oeuvre. Même s’il détient les droits d’auteur, il ne possède rien de tangible. Il a besoin de moi autant que j’ai besoin de lui. Mais j’en saurai plus une fois que le comté de Cook m’aura appelé. »

Photo issue du site internet de la galerie Stephen Bulger.
Photo issue du site internet de la galerie Stephen Bulger.

La galerie Stephen Bulger
Elle figure parmi les plus prestigieuses galeries photo du monde, spécialisée dans la vente et l’exposition de clichés contemporains et historiques du monde entier. Elle possède environ 15.000 photos avec un accent particulier mis sur les travaux de style documentaire.


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