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Saint-Pierre-Avez : les deux sexagénaires se battent pour une vanne d’eau

A 66 ans, un habitant de Saint-Pierre-Avez, petit village du sud Buëch, a été condamné, ce jeudi, à 1500 € d’amende par le tribunal correctionnel de Gap pour avoir luxé l’épaule d’un de ses voisins, âgé de 65 ans, pour une banale histoire d’arrosage.

En octobre dernier, le prévenu fait irruption dans le jardin de son voisin en lui demandant sans ménagement : « Est-ce que c’est toi qui as fermé ma vanne ? » Le voisin commence par le repousser hors de sa propriété, l’autre l’empoigne, ils tombent tous les deux et la partie civile sera victime d’une luxation d’épaule. Son incapacité sera fixée à 30 jours par un médecin.

A la barre du tribunal, le prévenu conteste avoir porté un coup de poing à l’épaule de son antagoniste, comme l’a affirmé ce dernier. « J’affirme que la luxation d’épaule est due à notre chute, quand je l’ai agrippé pour me rétablir alors que j’étais déséquilibré », assure le prévenu.

« Les actes de violence, c’est hurler sur quelqu’un et c’est agripper quelqu’un », précise Me Charmasson, conseil du voisin partie civile, absent, car il vit une partie de l’année au Canada.

Le procureur de la République Raphaël Balland concède qu’il y a « une violence réciproque : c’est la cour de récréation, il y a une obsession par rapport à cette vanne ». Il estime cependant la version du prévenu « peu compatible » avec les conséquences, et requiert 300 € d’amende.

Le bâtonnier Anselmetti plaide la relaxe de son client : « C’est le plaignant qui a pris l’initiative des violences physiques. Il aurait pu être poursuivi aussi, mais il ne l’a pas été car il n’y a pas eu d’incapacité pour mon client. Mais il n’y a pas eu de violences volontaires du prévenu. »

Le tribunal correctionnel, présidé par Christine Piccinin, a cependant retenu la culpabilité du prévenu tout en prononçant une amende avec sursis. Une expertise médicale a été ordonnée pour établir le préjudice de la partie civile. Le prévenu ne sera toutefois tenu responsable qu’à hauteur de 40 % du dommage, car « c’est une scène de violences respectives ».

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