Partager sur Facebook Twitter Partager sur Google Plus

Briançon : un opticien dénonce un harcèlement moral et saisit les prud’hommes

Le conseil de prud’hommes de Gap devrait examiner, le 24 mars prochain, une affaire opposant le directeur d’un magasin d’optique mutualiste de Briançon à son employeur, la Mutuelle d’action sociale (Mas 04-05). L’opticien, âgé de 55 ans et travaillant depuis 29 ans pour la mutuelle, dénonce un « harcèlement moral » de la part de deux de ses subordonnés (lesquels ont un lien de parenté) et le défaut de prise en compte de sa souffrance par son employeur. De son côté, la Mas 04-05 conteste le harcèlement moral et assure avoir « toujours été à l’écoute des demandes » du directeur de son magasin d’optique de Briançon et lui avoir « toujours apporté l’assistance nécessaire ». [L’affaire a été renvoyée et finalement plaidée le 2 juin devant le conseil de prud’hommes de Gap, qui a mis son jugement en délibéré au 22 septembre.]

Quelques semaines après une crise d’épilepsie survenue sur son lieu de travail en décembre 2011, l’opticien dénonce ce qu’il estime être des faits de harcèlement moral à sa direction en mars 2012. Au fil des mois, il évoque un « manque de considération », des « remarques vexatoires » et des « critiques gratuites » de la part de ses subordonnés. « Le président et la directrice de la Mas se sont rendu à Briançon, et après deux heures sur place, ils ont estimé qu’il n’y avait pas de harcèlement moral et que le directeur était professionnellement insuffisant, alors qu’aucun reproche ne lui avait été fait en près de 30 ans », déplore Me Franck Millias, conseil de l’opticien briançonnais.

Après un arrêt-maladie de quelques semaines, le directeur du magasin sera déplacé pendant deux mois à Gap. Puis il reprendra ses fonctions à Briançon, à la demande de l’inspection du travail, que la Mas avait saisie afin qu’il soit déclaré inapte. L’opticien recevra par la suite quatre avertissements de la part de son employeur. Il demande aujourd’hui aux prud’hommes la résiliation de son contrat aux torts de la mutuelle.

De son côté, l’avocat de la Mas estime, dans ses conclusions, qu’un « climat conflictuel entre les parties ne caractérise pas un harcèlement moral ». Pour lui, « la mutuelle n’a naturellement pas négligé la souffrance » exprimée par son salarié, qu’il attribue pour sa part au « stress » de ce dernier. « La mutuelle a mobilisé l’ensemble des moyens mis à sa disposition pour soutenir le directeur, victime de difficultés professionnelles qui lui étaient propres », considère l’avocat lyonnais, qui détaille les différents entretiens organisés par la direction, dont un en présence de la déléguée du personnel, et la saisine du médecin du travail. Il demande aux prud’hommes de débouter l’opticien briançonnais de ses demandes.

Jean-Claude Eyraud, président de la mutuelle : « J’ai pris les mesures que j’estimais nécessaires »

L’avocat de l’opticien épingle au passage le président de la Mas 04-05, Jean-Claude Eyraud, en rappelant qu’il a été secrétaire général de la CGT des Hautes-Alpes et qu’il est donc « particulièrement au fait des problématiques et des procédures inhérentes à la dénonciation de faits relevant de harcèlement moral ».

Tout en se refusant à commenter le fond du conflit (« Ce sera au conseil de prud’hommes de juger ») et en relevant ne pas être « acteur du harcèlement invoqué », Jean-Claude Eyraud souligne qu’il est « président bénévole d’une mutuelle et pas chef d’entreprise, ce qui ne m’empêche pas de prendre mes responsabilités » : « Quand j’en ai eu connaissance, j’ai pris les mesures que j’estimais nécessaires. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on en est là. C’est une affaire qui me perturbe. La mutuelle emploie 85 salariés sur dix sites différents, et nous avons une seule affaire aux prud’hommes. »

Matheron produits pétroliers Gap

+ Sur le même sujet...