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Buëch

Loi sur l’eau : les maires se joindront la manif des agriculteurs à Gap

Le président de l’association des maires des Hautes-Alpes, Jean-Michel Arnaud, invite ses collègues à se joindre, avec leur écharpe tricolore, à la manifestation organisée, ce samedi à Gap, par la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) et les JA (Jeunes agriculteurs) pour protester contre les effets de la loi sur l’eau de 2006. Les agriculteurs haut-alpins se réuniront à partir de 11 heures à Gap, rue des Silos, où ils convergeront avec leurs tracteurs. La manifestation se dirigera ensuite vers la préfecture, où une table ronde est organisée sur les problèmes d’irrigation ce samedi.

La grogne est particulièrement vive dans le Buëch, où le relèvement des débits réservés s’applique depuis le 1er janvier dernier. Les services de l’Etat ont fixé le débit réservé à 900 litres par seconde dans le Buëch alors qu’il était de 500 l/sec jusqu’à présent. « Si c’est appliqué, ça signifie qu’il n’y aura plus d’eau pour l’irrigation à partir du 1er juillet », dénonce René Laurans, président de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles). « Huit années sur dix, il rentre moins de 900 l/sec dans le lac EDF de Saint-Sauveur en saison sèche. »

Selon la préfecture, sept ouvrages du Buëch sont concernés par les relèvements de débits. Cette mesure a déjà été mise en œuvre pour les trois quarts des seuils du département « sans difficulté particulière », relève la préfecture. De plus, « la plupart des prélèvements agricoles sur le Buëch ne sont pas concernés de façon directe en 2014 car ce ne sont pas des seuils ou des barrages ». Pour les pompages, qui sont autorisés chaque année, rien ne changera en 2014. A compter de 2015 en revanche, « et uniquement dans les zones à déficit structurel (Buëch, Eygues et Oule, Méouge), il sera demandé à la chambre d’agriculture de dépose une demande de prélèvement pluriannuelle (trois ans) pour les irrigants, qui intègrera une réduction progressive des volumes utilisés », précise la préfecture. « Ces réductions devront s’accompagner d’un plan de gestion comprenant des travaux de modernisation des réseaux, de construction de réserves collinaires ou de mobilisation de ressource de substitution si nécessaire. »

« Construire des réserves d’eau ? Où et avec quel argent ? »

Selon René Laurans, « la DDT (direction départementale des territoires) nous dit que des arrêtés préfectoraux seront pris ponctuellement en fonction des besoins des agriculteurs. Mais un arrêté, ça met quelques jours à être pris. Et pendant ce temps, les pompes se désamorcent. Et quand on aura de l’eau, tout le monde va tirer en même temps. Les agriculteurs de la vallée n’acceptent pas cette solution. Nous demandons le statut-quo, soit 500 l/sec. » Le président de la FDSEA rappelle l’importance de l’agriculture dans le Buëch : « Il y a 650 hectares de vergers sous le lac de Saint-Sauveur, soit à peu près 650 emplois, et 1200 emplois si on compte l’infrastructure de la filière arboricole. »

« On perd un peu confiance », lance Bruno André (FDSEA). « La préfecture nous demande de construire des réserves. On les fait où et avec quel argent? On sait très bien que ce sont des projets qui nécessitent des années de concertation. Et la part d’autofinancement va peser sur nos prix de revient, alors que ce sera impossible de le répercuter. On nous dit aussi qu’il faut aller vers les économies d’eau (goutte à goutte, micro-jet…), mais ça prendra aussi du temps de changer tous les systèmes d’irrigation. Ce n’est pas réalisable à moins de dix ans. »

Ce samedi, tandis que les agriculteurs manifesteront, une table ronde fera le point sur le problème. La députée Karine Berger, qui y participera, a d’ores et déjà fait savoir qu’elle avait saisi le préfet de Région, Michel Cadot, le 15 janvier dernier. Elle lui a demandé d’appliquer un autre mode de calcul qui respecterait le principe de débit réservé tout en permettant aux agriculteurs de disposer de l’eau nécessaire de juillet à septembre. Elle annonce par ailleurs qu’elle s’en entretiendra avec lui la semaine prochaine. Dans le même temps, elle a saisi Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, et Philippe Martin, ministre de l’Ecologie. « Je suis sûre que la table ronde de samedi permettra de rassurer les agriculteurs », indique-t-elle dans un communiqué.


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