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Débat Mobil'idées

Gap : la voiture et le stationnement, seule ligne de fracture entre les candidats

Les quatre têtes de listes aux municipales à Gap ont débattu, durant près de deux heures et demie, des déplacements et de la mobilité, ce lundi soir à la salle du Royal, à l’initiative de l’association Mobil’idées. Si quelques nuances apparaissent entre les programmes des candidats, c’est la question de la place de la voiture en ville et de la création de nouveaux parkings qui constitue la vraie ligne de fracture entre, d’un côté, le maire sortant, Roger Didier (investi par l’UMP), et, de l’autre, ses trois adversaires, Guy Blanc (« Bien vivre à Gap »), Jean-Claude Eyraud (« Gauche-Tous capables », soutenue par EELV) et Bernard Jaussaud (« On se bouge pour l’avenir »/PS-PCF-MoDem).

« La voiture a de beaux jours devant elle même si elle ne sera plus propulsée par la même énergie qu’aujourd’hui », considère Roger Didier. « Elle n’est pas substituable pour toute la population. Nous devons nous doter de tout ce qu’il faut pour éviter à certains de venir en ville en voiture. Mais on ne pourra jamais empêcher le centre-ville d’être accessible aux voiture. Et pour cela, il faut donner des espaces de stationnement en centre-ville ou en très proche périphérie. » Le maire sortant préconise donc de développer les transports urbains -tout en soulignant le chiffre de deux millions d’usagers par an- et les pistes cyclables, tout en créant de nouveaux parkings, dont celui de Bonne. « C’est important aussi pour nos commerces, qui créent de l’activité et du lien social. »

Bernard Jaussaud souhaite pour sa part « refondre le plan de déplacements à Gap, quels que soient les modes utilisés. Il y a nécessité de faire changer fortement les habitudes à Gap. Il faut mettre en place une vraie circulation de bus en site propre sur l’axe Micropolis-Tokoro, qui soient rapides et cadencés, développer un parc public de vélos électriques et d’auto-partage. L’objectif est de faire en sorte que les foyers de Gap puissent se contenter d’un seul véhicule, au lieu d’en avoir plusieurs. » M. Jaussaud a redit son opposition à la création d’un parking en élévation à Bonne, « site inapproprié », et entend être « plus sévère avec ceux qui restent longtemps garés dans le centre-ville ».

Jean-Claude Eyraud est lui aussi défavorable au projet du parking de Bonne et à tout nouveau parc de stationnement. « Il faut travailler sur le comportement des gens et sur des parkings-relais desservis par des navettes cadencées. Nous sommes favorables à un système de vélo-bus sur l’avenue de Provence, comme cela est expérimenté à Briançon. Nous devons aussi étudier la possibilité de relancer le projet de tram-train depuis les communes proches desservies par le train. Nous devons faire œuvre de pédagogie pour changer les comportements. C’est loin d’être évident, mais il faut de l’énergie et de la volonté pour y arriver. »

Guy Blanc, un temps suppléé par la numéro 2 de sa liste, Ingrid Saloux, a abondé dans ce sens, en estimant que « des parkings supplémentaires en centre-ville, ça attire les voitures et accroît l’encombrement. Je suis favorable au statu-quo, sauf peut-être vers l’hôpital, à la fois pour le personnel et pour les usagers. » Pour lui, « il est important d’implanter les parkings-relais à des emplacements judicieux, reliés au centre-ville par des bus rapides et cadencés ».

Sur ce point, les quatre candidats se sont rejoints pour souhaiter une amélioration des transports urbains, en particulier sur la nécessité que l’offre soit maintenue pendant les vacances scolaires, car les actifs ont les mêmes besoins à ce moment-là. Consensus aussi sur le besoin de parcs sécurisés pour les vélos sur les parkings-relais, Bernard Jaussaud et Jean-Claude Eyraud préconisant même de proposer des vélos électriques sur le modèle du « VéLib ». Tous les candidats s’engagent par ailleurs à maintenir la gratuité des transports urbains pendant le mandat, même si Bernard Jaussaud assure « qu’il faudra un jour se poser la question de la gratuité, car rien n’est gratuit. Ce sont les contribuables qui paient pour les usagers ».

Les candidats font-ils du vélo ?

Bernard Jaussaud : « J’aime bien me balader à vélo à Gap en famille lorsque le temps le permet. »

Roger Didier : « Il m’arrive d’être plein de bonnes intentions. J’ai donc un vélo de course et j’ai acheté un vélo électrique, mais je le pratique très peu. Je l’utilise quelquefois le dimanche pour me rendre sur des chantiers en ville. »

Guy Blanc : « Je ne fais pas de vélo d’appartement, ni de cyclotourisme. Je fais du vélo urbain depuis la faculté, et un peu de VTT à la ferme. »

Jean-Claude Eyraud : « Pour moi, c’est plutôt du VTT. Je l’utilise un peu en ville. Je pratique trois sports : en ce moment, c’est le ski de fond. Ensuite, ce sera le VTT. Puis je vais faire de la randonnée. »


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