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Noyade en rafting sur la Durance : le guide condamné à six mois ferme

Un guide de rafting de 23 ans, Ugo Borgia, a été condamné, ce jeudi, à dix-huit mois d’emprisonnement, dont douze mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Gap pour homicide involontaire, à la suite de la noyade d’une touriste belge, en juillet 2013 sur la Durance. L’employeur du guide, qui est aussi son père, a écopé d’une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis. Les deux prévenus sont par ailleurs frappés d’une interdiction d’exercer des activités nautiques pendant cinq ans. Au niveau civil, les deux prévenus sont déclarés entièrement responsables de la mort de la victime. Les intérêts civils seront discutés lors d’une prochaine audience, le 22 mai prochain. [Ce jugement du tribunal correctionnel a été infirmé par la cour d’appel de Grenoble, qui a relaxé les deux prévenus le 18 novembre 2014].

Lors de l’audience du 13 février, le procureur Emmanuelle Porelli avait requis deux ans d’emprisonnement, dont un avec sursis et mise à l’épreuve, à l’encontre de ce guide de rafting. Le parquet avait requis deux ans avec sursis et mise à l’épreuve, avec deux ans d’interdiction professionnelle, à l’encontre du responsable de l’entreprise de rafting.

Le 21 juillet 2013, un raft qui transporte neuf personnes, dont quatre mineurs, se renverse au niveau de la vague du Rabioux, à la suite d’un choc avec un kayak. Si huit des passagers parviennent à regagner les berges sans trop d’encombres, avec l’aide de leur guide, une touriste belge de 48 ans, Annick Descamps, est emportée par le courant, sous les yeux de son mari, avec lequel elle faisait cette balade sur la Durance. Le guide tente bien de la rattraper en courant sur la berge puis en se jetant deux fois à l’eau, mais il n’y parvient pas. Retrouvée quelques kilomètres plus loin, à Pralong (Saint-André-d’Embrun), la victime ne pourra être ranimée et l’autopsie conclura à une mort par noyade.

Le ministère public reprochait au guide d’avoir violé l’interdiction d’exercer qui lui avait été signifiée par l’administration. Titulaire d’un brevet d’Etat d’éducateur sportif option activités nautiques, ce jeune homme avait fait par le passé l’objet d’une ordonnance pénale pour consommation de stupéfiants. Laquelle est inscrite à son casier judiciaire, ce qui a amené la direction de la cohésion sociale et de la protection des populations à rejeter sa demande de carte professionnelle. De ce fait, il avait interdiction d’exercer ses fonctions d’éducateur sportif à compter du 27 mai 2013. Le parquet lui reprochait aussi de ne pas avoir de téléphone portable lors de l’accident, ni de trousse de secours. Et le père, un sexagénaire qui exerce depuis 25 ans sur la Durance, devait notamment répondre de ne pas avoir vérifié que son fils avait sa carte professionnelle.

La présidente du tribunal correctionnel, Josiane Magnan, a précisé à l’adresse du guide de rafting que « le fait d’avoir exercé sans carte professionnelle constituait un manquement professionnel grave, qui a mis en danger la victime ». S’agissant de son père, le tribunal a estimé qu’en laissant exercer son fils sans carte professionnelle, « il a contribué à créer la situation de risque ».


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