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La cérémonie s'est déroulée devant l'ensemble des élèves de Saint-Joseph, en présence notamment de Roger Didier, maire de Gap, du sénateur Pierre Bernard-Reymond et du directeur interdiocésain de l'enseignement catholique d'Aix, Digne et Gap, Jean-Marc Vincenti.La cérémonie s'est déroulée devant l'ensemble des élèves de Saint-Joseph, en présence notamment de Roger Didier, maire de Gap, du sénateur Pierre Bernard-Reymond et du directeur interdiocésain de l'enseignement catholique d'Aix, Digne et Gap, Jean-Marc Vincenti.

Gap : soeur Valentine reconnue « Juste parmi les nations »

20 Mar 2014 - 17:42
Fenia Rabinovitch-Berz et sœur Valentine réunies.
Fenia Rabinovitch-Berz et sœur Valentine réunies.

Toute l’équipe éducative, les élèves du collège et lycée Saint-Joseph, ainsi que des religieux, ont assisté, ce jeudi, au sein de l’établissement, à la cérémonie donnée en l’honneur de sœur Valentine (Rosa Gontard) reconnue « Juste parmi les nations » par Yad Vashem. Alors directrice du lycée Saint-Joseph (de 1941 à 1960), sœur Valentine a caché deux juives, Fenia et sa mère Hinda Rabinovitch, de 1942 à novembre 1944. Malheureusement, la cérémonie s’est déroulée sans les trois femmes, qui ne sont plus de ce monde, et Fenia n’a pas eu d’enfant, à son grand regret. Une délégation des Gaillaches-Venterol, d’où était originaire la religieuse, était présente ce jeudi, avec Juliette Faure et des membres de la famille de sœur Valentine.

Cachées à Saint-Joseph… où logent aussi des soldats allemands

Fenia et Hinda sont arrivées à Gap grâce au concours de Roxane Durand, originaire de Sigoyer, que Fenia a connue sur les bancs de l’école, à Paris, à l’âge de 8 ans. Les deux jeunes femmes, très amies, prennent ensuite des chemins différents : Fenia étudie la physique à la Sorbonne alors que Roxane se spécialise en littérature, avant d’enseigner à l’école normale à Gap (lycée Sévigné).

La vie de Fenia et Hinda est bouleversée à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Contraintes de quitter Paris occupé par les Allemands, elles vivent un temps en Corrèze, à Bort-les-Orgues, avant de devoir s’en aller, les Allemands arrivant plus au Sud. Ne sachant où aller, Fenia demande de l’aide à Roxane. La jeune enseignante les invite à Gap, leur promettant de faux papiers, un toit et un poste. Une fois à Gap, Fenia et Hinda rencontrent l’évêque, Monseigneur Bonnabel, qui les cache au couvent Saint-Joseph, qui est également un lycée de filles. Toutes deux prennent de fausses identités et s’appellent désormais Françoise et Henriette Rivière. « Sœur Valentine cachait leurs vrais papiers dans les coutures de ses vêtements et les emportaient même jusqu’à chez elle, à Venterol », raconte le père Pierre Fournier. A Saint-Joseph, Fenia occupe un poste d’enseignante. « Elle avait appris deux prières chrétiennes, qu’elle prononçait avec quelques fautes de latin, car les cours débutaient toujours par une prière. Fenia et Hinda assistaient aussi à la messe à la cathédrale », poursuit le père Fournier.

Le danger n’est jamais loin pour les deux femmes, surtout lorsque les Allemands succèdent aux Italiens à Gap. Le siège de la Gestapo se trouve non loin de Saint-Joseph et des soldats allemands logent même dans les hauts étages du lycée. « A Gap, des juifs sont également cachés à la Providence et au Petit séminaire », révèle le père Fournier.

Fenia et Hinda partent en novembre 1944, quelques mois après la libération de Gap. Par la suite, Fenia s’expatrie en Angleterre et devient une physicienne de renom. Avec son époux, M. Berz, elle revient à Gap chaque année de 1985 à 1997. « D’anciens élèves ont découvert sa véritable identité 45 ans après », note le père Fournier.

Une plaque de Yad Vashem en l’honneur de sœur Valentine

Le diplôme d'honneur attribué à titre posthume à Sœur Valentine (Rosa Gontard) a rejoint le lycée Saint-Joseph ce jeudi.
Le diplôme d’honneur attribué à titre posthume à Sœur Valentine (Rosa Gontard) a rejoint le lycée Saint-Joseph ce jeudi.

La cérémonie de ce jeudi s’est déroulée sans les quatre femmes : Sœur Valentine, née en 1909, est décédée en 1997, Fenia l’année suivante, et Roxane il y a deux ans. Avant de dévoiler la plaque de Yad Vashem en l’honneur de Sœur Valentine, un hommage appuyé a été rendu par le directeur du lycée Didier Siran, sœur Irénée et Françoise Martin, représentant la congrégation des sœurs de Saint-Joseph, Gérard Bornand, le représentant de la communauté  juive, Jean-Marc Vincenti, directeur interdiocésain de l’enseignement catholique d’Aix, Gap et Digne, le maire de Gap Roger Didier et le sénateur Pierre Bernard-Reymond. Tous ont souligné le courage, la générosité de sœur Valentine, et ont rappelé que l’Homme pouvait être capable du meilleur comme du pire et qu’il fallait veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent pas. Sœur Irénée citera d’ailleurs sœur Valentine dans son discours : « Quand quelque chose commence, il faut réagir. Il ne faut pas attendre qu’un parti politique à l’idéologie néfaste prenne le pouvoir, car c’est trop tard. Il faut alors être un héros pour lutter… »