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Jean-Yves Dusserre

Conseil général : Dusserre maintient la réorganisation malgré les débrayages

Après la journée de grève et leur rassemblement devant l’Hôtel du département le 12 mai, les agents du pôle Solidarités du Conseil général sont appelés à poursuivre leur mobilisation contre le projet de réorganisation du service sous la forme de débrayages de 59 minutes, tous les jours de la semaine. Ce lundi matin, 83 agents ont cessé le travail de 11h à 12h, dont 74 affectés au pôle Solidarités. Malgré cette mobilisation, le président du Conseil général, Jean-Yves Dusserre, n’entend pas revenir sur cette réorganisation, ni la retarder comme le lui demandent l’intersyndicale et l’opposition. La commission technique paritaire (CTP), instance consultative, doit en effet se prononcer sur ce projet ce vendredi. Un rassemblement est d’ailleurs organisé devant l’Hôtel du département, ce vendredi 23 mai, de 9h à 12h, par l’intersyndicale CFDT-CGT-FSU-Sud.

« Cette réorganisation s’est faite dans la concertation puisque j’ai tenu une cinquième réunion ce matin avec les syndicats et qu’il y a eu plus de 100 réunions de travail dans les territoires », a expliqué M. Dusserre ce lundi après-midi. « Notre volonté est d’adapter le service public aux réalités du moment, de faire mieux et de manière plus équitable avec les moyens dont nous disposons. Il n’y aura aucune mutation d’office, aucune restriction de postes et rien ne portera atteinte aux droits des agents. Il y aura quelques mouvements de personnel mais dans le cadre d’une bourse aux postes. » De leur côté, les syndicats affichent leur désaccord : « Le redécoupage n’est pas une priorité essentielle », estime Yvan Imbert, délégué CFDT. « On aurait pu réfléchir à quelque chose de plus fin. Il manque d’une réelle concertation. Les organisations syndicales ont été saisies du projet le 3 avril et la CTP était initialement prévue le 25 avril. »

Cette réorganisation se traduit notamment par la création d’une agence supplémentaire pour coordonner le pôle Solidarités dans le centre du département. L’agence Centre, qui couvre Gap, le Gapençais et le Champsaur, va ainsi se dédoubler : une agence couvrira Gap et une autre le Gapençais, le Champsaur et l’Embrunais. « Il s’agit de rééquilibrer les choses entre les différentes agences, mais ce qui importe pour nos administrés, ce sont les Maisons des solidarités, pour lesquelles nous ne changeons rien », assure le président du Conseil général. L’intersyndicale considère a contrario qu’avec ce redécoupage, « on s’éloigne des usagers. Jusqu’ici, un parent de La Bâtie-Neuve qui avait une consultation PMI (protection maternelle et infantile) avec une puéricultrice ou un médecin se rendait rue des Métiers, aux Fauvins. Demain, il faudra qu’il aille route de Veynes, à la nouvelle agence. »

Par ailleurs, le pôle Enfance et famille va aussi être restructuré. « Il était équilibré lorsque nous avions 70 à 80 enfants placés, mais il ne l’est plus avec près de 200 enfants placés », estime Jean-Yves Dusserre. « Nous allons travailler de façon décentralisée, être plus en phase avec les territoires. » Pour Yvan Imbert, « fondamentalement, c’est une bonne idée, mais cela demande un gros travail. D’ici le 1er novembre, c’est trop court pour le mettre en œuvre. »

Enfin, le Conseil général souhaite fusionner les référents pour les personnes handicapées et ceux dédiés aux personnes âgées. « Ca reste encore très nébuleux, et nous n’avons pas l’impression que nous allons apporter le même service », explique le délégué CFDT.

Au final, les syndicats CFDT, CGT, FSU et Sud continuent de demander le report de la CTP, en contestant l’urgence du redécoupage, tout en reconnaissant la nécessité de répondre aux difficultés du service des enfants placés. « On ne peut pas reporter à l’infini », répond Jean-Yves Dusserre. « Nous nous appuyons sur un audit qui montre qu’il faut faire évoluer les choses. Nous avons écouté ce qui a été dit. J’ai accepté l’intervention d’experts des différents métiers concernés lors de la CTP à la demande des syndicats. Mais je prendrai mes responsabilités et je mettrai probablement en œuvre cette réorganisation telle qu’envisagée. » Le président du Conseil général veut aussi voir dans cette mobilisation, dont il reconnaît qu’elle est sans précédent depuis son élection en 2008, les effets d’une « période anxiogène », avec l’annonce par le gouvernement de la suppression des Conseils généraux en 2021. « On n’en est pas là, c’est vraiment la réorganisation à court terme qui nous inquiète », considère M. Imbert.


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