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SerrePoncon

Assises du tourisme : le Conseil général arrête une liste de « sites stratégiques »

Quelque 600 élus et socioprofessionnels ont planché sur diagnostic et priorités stratégiques, ce jeudi à Gap.
Quelque 600 élus et socioprofessionnels ont planché sur diagnostic et priorités stratégiques, ce jeudi à Gap.

Quelque 600 élus et socioprofessionnels ont participé aux Assises du tourisme, organisées ce jeudi au Quattro par le Conseil général, à l’issue d’une série de tables rondes par bassins géographiques et par filières. L’objectif est de refondre le schéma départemental du tourisme pour définir des priorités et répondre à la chute de la fréquentation des Hautes-Alpes. En dix ans, le département a en effet perdu environ 2 millions de nuitées, soit une baisse de 10%.

Parmi les axes qui ont été présentés par Yvan Chaix, chargé de mission pour l’économie et le tourisme au Conseil général et « chef d’orchestre » de la démarche « Tourisme 2020 », figure la structuration de l’offre touristique en filières stratégiques. Elles seront au nombre de huit : neige, lac, air, itinérance, pleine nature, culture et science, patrimoine, terroir. Des comités de filières vont être mis en place et des contrats de filières seront signés, « avec une place centrale pour les grands événements ».

« Vous devez trouver vos Tours Eiffel »

De la même façon, un certain nombre de sites stratégiques ont été identifiés. Ce sont des sites touristiques qui font l’identité des Hautes-Alpes, leur attractivité et autour desquels s’organisent le plus souvent des filières. Grand témoin de ces assises, Gaël de la Porte du Theil, président d’Interface Tourism et ancien dirigeant de Jet Tours et de Pierre & Vacances, a souligné la nécessité de « faire une hiérarchisation entre les choses majeures et les choses secondaires. Il faut une âme, quelque chose qui fait votre identité. Il vous faut trouver vos Tours Eiffel. Serre-Ponçon est probablement l’une de ces Tours Eiffel. Vous devez mener un travail de recherche d’identité et de création de marque, qui seront le vecteur de votre communication. »

C’est bien le sens de la liste des sites stratégiques qui a été dévoilée ce jeudi après-midi. Il s’agit du lac de Serre-Ponçon, des grands cols (Galibier, Lautaret, Izoard, Agnel, Vars et Noyer), des grandes routes (Grandes Alpes et Napoléon), de Mont-Dauphin et Briançon (fortifications Vauban classées au patrimoine mondial de l’Unesco), de Pelvoux-Vallouise (deuxième site d’alpinisme en France derrière Chamonix) et du Valgaudemar, du Queyras (où l’objectif est de travailler sur les villages de caractère), des villages de caractère du Buëch (Serres, Rosans, Orpierre) et des plans d’eau de la vallée, de l’aérodrome de Gap-Tallard, de Notre-Dame du Laus (site le plus visité des Hautes-Alpes) et des sites de tourisme spirituel (Boscodon et Embrun), de l’observatoire du plateau de Bure (« Nous avons une carte à jouer sur la niche de l’astronomie, avec Bure, l’observatoire des Baronnies et celui de Saint-Véran », a précisé M. Chaix) et, à tout seigneur tout honneur, les stations de ski (où l’effort du Département porte sur la diversification des activités).

Des programmes sont en cours de définition pour chacun de ces sites, et donneront lieu à la signature de contrats de sites l’automne prochain. Cela peut aller de la réalisation d’une capitainerie à Savines-le-Lac (Victor Bérenguel, président du Smadesep, a rappelé que le lac de Serre-Ponçon comptait un millier d’anneaux, dont la moitié dans le domaine public) à la réalisation d’un centre de remise en forme à La Joue du Loup ou à la création d’un espace muséo dans le Dévoluy « pour valoriser nos 600 cavités souterraines et l’observatoire de Bure, que l’on pourra ainsi visiter virtuellement », indique le maire, Jean-Marie Bernard.

Le Conseil général va également encourager la « montée en gamme » des hébergements, alors que le constat montre que, pour l’essentiel, l’offre départementale est plutôt dans l’économique ou le moyen de gamme. Pour Olivier Petit, du cabinet In Extenso, « il faut favoriser la diversité du parc d’hébergement et monter en gamme pour répondre à la demande d’une clientèle qui ne vient pas ou plus, et d’attirer une clientèle étrangère ». Les étrangers font en effet défaut dans les Hautes-Alpes : ils ne représentent que 10% de la clientèle.

« On ne finalise pas un processus aujourd’hui, on le débute », a souligné Jean-Yves Dusserre, président du Conseil général, au terme de ces assises. « Il sera essentiel de s’approprier cette marque pour ne pas être des challengers, mais des leaders. »


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