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Manifestation à Gap-Tallard

Gap-Tallard : un collectif manifeste contre les nuisances sonores

Le collectif « Silence alpin », qui s’est constitué ce mercredi à Sigoyer à l’initiative d’habitants de communes proches de l’aérodrome de Gap-Tallard, de Mountain Wilderness et de la SAPN (Société alpine de protection de la nature), a organisé une manifestation, ce samedi matin, à l’occasion des portes ouvertes de l’aérodrome, pour protester contre les nuisances sonores des hélicoptères. Une quinzaine de manifestants ont déployé une banderole « Silence SVP » et sont restés regroupés silencieux pendant toute la matinée, sous les regards d’une douzaine de gendarmes et du commandant de la compagnie de gendarmerie de Gap. De son côté, le président de l’association Agatha (Gap Aéro Tallard Hautes-Alpes), Jean-Marc Genechesi, par ailleurs directeur des opérations d’Hélicoptères de France (HDF), indique « qu’aucun contact n’a été établi » avec le collectif, mais souligne « les efforts engagés depuis un an et demi par les acteurs de Gap-Tallard, qui ont créé un comité Environnement pour cela ».

Une quinzaine de membres du collectif ont déployé une banderole "Silence SVP".
Une quinzaine de membres du collectif ont déployé une banderole « Silence SVP ».

Selon le collectif « Silence alpin », 34 personnes ont participé à la réunion constitutive, ce mercredi à Sigoyer. « Les hélicoptères, si c’est pour faire des tours sur Céüse, les Ecrins ou le Queyras et faire des baptêmes, c’est un loisir motorisé qui crée des nuisances sonores, de la pollution et un énorme gaspillage », indique un porte-parole du collectif. « Les pouvoirs publics n’ont pas pris conscience que ça tuait l’autre tourisme. Nous souhaitons que soit créé un comité de gestion pour voir comment cela peut évoluer. »

De leur côté, les structures de l’aérodrome de Gap-Tallard assurent prendre en compte ces questions. « De temps en temps, nous avons des plaintes », reconnaît M. Genechesi. « Nous faisons des efforts qui coûtent. Le comité Environnement se réunit une fois par mois, sans pression, pour se poser les bonnes questions. Nous avons rencontré la LPO (Ligue de protection des oiseaux), Michel Phisel (centre de soins pour animaux sauvages), des responsables d’autres aérodromes concernés en France… Les nuisances sont indéniables, mais nous avons adapté nos horaires, nos altitudes… L’aéroclub alpin a par exemple investi des sommes importantes dans les silencieux pour ses avions, de même que les parachutistes. Nous nous astreignons à ne pas décoller avant 8 heures, à ne plus faire de tours de piste entre 12h et 14h et après 18h, et il n’y a plus de vols de nuit en dehors des secours. Nous essayons d’adapter les trajectoires en fonction des concentrations de population, de voler très haut au-dessus des zones Natura 2000, qui, au passage, n’apparaissent pas sur les cartes de l’Aviation civile… »

Jean-Marc Genechesi souligne par ailleurs que « 250 personnes travaillent à Gap-Tallard. C’est vrai que c’est du loisir mais ce n’est pas interdit de donner du plaisir aux gens. Pour ce qui est d’Hélicoptères de France, ce n’est pas notre fonds de commerce, nous avons une activité avant tout industrielle, mais c’est une activité en plus. Les baptêmes de l’air avec Eurocopter, c’est trois week-ends par an, nous les limitons à 20% de ce que nous pourrions faire. Je veux bien en discuter, à condition que le dialogue soit réel, et qu’on ne me demande pas d’arrêter purement et simplement, car il s’agit d’économie et d’emploi. Je pourrai aménager mais je ne pourrai pas réduire. »


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