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Conseil général

Conseil général : les préconisations pour le contrat de plan font débat

Les préconisations du Conseil général des Hautes-Alpes pour le contrat de plan Etat-Région 2014-2020, soumises ce mardi matin à l’assemblée départementale, ont entraîné un débat animé, notamment en raison de la non-prise en compte du projet de déviation de Remollon. Le conseiller général (PRG) de Chorges, Bernard Allard-Latour, a d’ailleurs voté contre la délibération, qui a reçu l’assentiment des 29 autres élus départementaux. « Nous avons fait un mélange à la fois de réalisme et de volontarisme politique », avait indiqué en introduction le président du conseil général, Jean-Yves Dusserre. « La seule inquiétude à ce sujet, et elle est de taille, c’est de savoir quand ce contrat entrera en application et pour quels montants. »

Voici la liste des projets structurants qui sont mis en exergue par le Conseil général, sachant qu’il reviendra ensuite à l’Etat et à la Région de partager les souhaits pour décider d’un financement à parité :

  • Consolidation de la filière Polyaéro (métiers de la maintenance aéronautique) à l’aérodrome de Gap-Tallard : coopération renforcée avec le secteur industriel et accompagnement de la vie étudiante
  • Filières éco-construction et énergies renouvelables
  • Restauration du patrimoine Vauban à Briançon et Mont-Dauphin
  • Contrat de destination des Hautes-Alpes (attirer la clientèle internationale autour de trois thématiques : la neige, l’eau, le ciel)
  • Aménagement des rives du lac de Serre-Ponçon
  • Restauration de la cathédrale d’Embrun et du château de Montmaur
  • Projet « Route de la lumière »
  • Fin des aménagements de mise en sécurité des carrefours de la RN 85 (environ 3 M€)
  • Reconfiguration de la RD 1075 (ex-RN 75) pour en faire « un axe nord-sud à haut niveau de service pour tous véhicules », y compris par l’aménagement des passages à niveau (environ 50 M€)
  • Poursuite de la rocade de Gap (section nord : de la route du col Bayard à Pont-Sarrazin)
  • Sécurisation des temps de parcours sur la RN 94 (traversée de La Roche-de-Rame, carrefours de La Bâtie-Neuve, de la baie Saint-Michel, de Prunières et dans la traversée de Saint-Clément) pour un montant estimé à 15 M€
  • Mise aux normes des tunnels de la RD 1091 (ex-RN 91), en priorité le tunnel du Grand Clot (4 M€), le tunnel des Ardoisières (22 M€ pour une mise en conformité et la construction d’un second tube) et la reprise de la galerie de la Marionnaise (5 M€)
  • Etudes sur l’électrification de la ligne ferroviaire des Alpes et création de sections à doubles voies
  • Modernisation des liaisons ferroviaires entre Gap et Valence TGV ou Aix TGV avec l’objectif de mettre Gap à environ 4 heures de Paris
  • Poursuite des études et procédures pour la percée ferroviaire du Montgenèvre
  • Transports collectifs interurbains avec le pôle d’échange multimodal de Gap
  • Création de pistes cyclables pour une mobilité quotidienne et/ou familiale (La Saulce-Tallard, Tallard-Gap, Gap-La Bâtie-Neuve, La Bâtie-Neuve – Chorges, Rosans-Serres, Serres-Laragne, Laragne-Gap…)
  • Déploiement du très haut débit et des usages numériques (santé, tourisme, culture, accessibilité des services publics)
  • Développement de la domotique, de la télé-santé et de la télé-médecine pour les personnes en perte d’autonomie
  • Modernisation des infrastructures de gestion de l’eau
  • Prévention des risques d’inondations et de glissements de terrain
  • Aménagement des grands cols
  • Construction du nouveau bâtiment des Archives départementales (16 M€)

Notons que, sur le volet ferroviaire, le Conseil général stipule qu’il « ne participera financièrement à la modernisation de la ligne des Alpes que sous la stricte réserve que les travaux inscrits aux contrats de Plan aillent au-delà de la simple régénération de voie ». A ce sujet, Guy Blanc a invité ses collègues à « choisir entre Aix et Valence pour la gare TGV de référence », sa préférence allant à Valence, « qui présente beaucoup d’atouts, car les liaisons ne se limitent pas à Paris ».

« Ne pas inscrire la déviation de Remollon est une faute ! »

L’absence du projet de déviation de Remollon dans la liste a provoqué le « courroux » de Bernard Allard-Latour, maire de la commune et conseiller général. « La RD 900B est une route principale de notre département, un axe vers l’Italie, a-t-il souligné. Elle est davantage empruntée par les camions que le col de Montgenèvre (295 poids lourds/jour à Larche contre 195 à Montgenèvre, Ndlr). Certains mois, il passe jusqu’à 500 camions par jour dans Remollon. Je sais que l’enveloppe financière pour ces aménagements n’est pas considérable et que la déviation coûterait 20 M€. Mais ne pas l’inscrire est une faute. »

« Il ne s’agit pas de dire que la déviation de Remollon n’est pas importante », a répondu Jean-Yves Dusserre. « Je rappelle quand même qu’elle n’était pas inscrite dans le plan précédent, et je n’en suis pas responsable ! C’est un plan qui engage l’Etat et la Région. Nous avons inscrit des aménagements sur les deux routes nationales (85 et 94) et sur les deux routes transférées au département sans dotation (75 et 91). Il faut savoir rester raisonnables et réalistes. Il aurait été malhonnête de l’inclure et de laisser penser qu’elle aurait pu être réalisée rapidement. » D’autant que Marcel Cannat, vice-président chargé des routes, s’est fait fort de rappeler que son budget se limitait à 17 M€ : « Que peut-on faire avec cela ? »

La boîte de Pandore était ouverte : Auguste Truphème a plaidé pour la RD 942, Gérard Fromm pour le carrefour de Grand Place à Briançon et Christian Graglia pour la traversée de la RN 85, à la Tourronde à Gap, « où une 3 voies est traversée journellement par des enfants ». Au passage, Gérard Fromm, rejoint par Monique Estachy, a évoqué la traversée de La Roche-de-Rame en estimant qu’il serait « tellement plus facile d’acheter cinq maisons, d’ailleurs inoccupées, plutôt que d’imaginer une déviation qui nécessite de dévier la Durance et la voie SNCF, même si c’est plus intéressant pour quelques technocrates… »

Jean-Michel Arnaud est quant à lui revenu sur le programme de rénovation des itinéraires routiers (PDMI), qui prévoyait 62 M€ d’investissements dans les Hautes-Alpes : « Le bilan est nul, y compris sur les études. Il y a quelque chose d’abyssal entre ce qui est annoncé et ce qui est effectivement réalisé. » Le seul investissement lourd réalisé dans le cadre du PDMI 2009-2014 est le giratoire de l’aérodrome de Gap-Tallard.


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