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Colloque BTP

Un colloque préfectoral pour relancer le BTP des Hautes-Alpes

25 Juin 2014 - 17:07

Un colloque de « soutien au BTP » a été organisé, ce mardi, par le préfet des Hautes-Alpes. Il a réuni une quarantaine de participants, dont une douzaine de fonctionnaires. Il s’adressait aux maîtres d’ouvrages publics (communes et communautés de communes en particulier) et aux chefs d’entreprise, qui se sont peu mobilisés pour ce rendez-vous.

L’objectif était pourtant intéressant. Face à la crise structurelle du bâtiment et des travaux publics, et à la dégradation de la rentabilité des entreprises du secteur détaillée par le directeur départemental de la Banque de France, le souhait du représentant de l’Etat est de mettre en œuvre une démarche en faveur du tissu économique local. Dans ce cadre, six axes d’intervention ont été identifiés :

  • Prendre des mesures d’adaptation des consultations au tissu économique local,
  • Mettre en œuvre des dispositifs de préservation de la trésorerie des entreprises,
  • Faciliter l’accès aux consultations,
  • Responsabiliser les maîtres d’ouvrage vis-à-vis du recours illicite à la main d’œuvre et des obligations en matière de santé-sécurité,
  • Développer la pratique des clauses d’insertion,
  • Anticiper et améliorer la qualité et les compétences des salariés des entreprises du BTP.
Le montant des appels d’offres en chute de 44% au premier trimestre dans les Hautes-Alpes

Patrice Renouf, président de la Fédération du BTP des Hautes-Alpes, a fait part de son inquiétude au regard de la conjoncture. Les appels d’offres sur le 1er trimestre 2014 sont en baisse de 44% par rapport à la même période de 2013 (11,5 millions d’euros contre 20 M€), alors que la baisse est de 17% au niveau régional. « Pour le logement, il n’y a aucune reprise en vue », a-t-il estimé. « On commence à sentir dans le département une hausse des demandes de crédits immobiliers et des demandes de permis de construire », a voulu rassurer le préfet Pierre Besnard. M. Renouf s’est cependant déclaré « très dubitatif », rappelant d’ailleurs qu’il s’écoule souvent « un délai d’un an à un an et demi entre le dépôt du permis et le lancement du chantier, avec de la déperdition en cours de route ». Pour ce qui est des travaux publics, la fédération du BTP a déploré que « sur les 62 M€ de travaux programmés entre 2009 et 2014 dans les Hautes-Alpes au titre du PDMI (programme de rénovation des itinéraires routiers), seuls 800.000€ ont été réalisés ! »

Le préfet a mis en avant la perspective du projet Haute-Durance de RTE (Réseau de transport d’électricité), qui devrait bénéficier en (petite) partie à des entreprises haut-alpines, et de la rocade de Gap, dont le chantier est suspendu aux produits du nouveau « péage de transit poids lourds » annoncé pour le 1er janvier 2015 en lieu et place de l’écotaxe. M. Besnard a aussi évoqué la possibilité de libérer des délaissés de RFF (Réseau ferré de France) autour de la gare de Gap pour y réaliser des logements sociaux, « mais il faut que cela se fasse avec l’Office HLM ». Au passage, il a souligné que « l’hôpital de Gap a beaucoup de terrains (aux Eyssagnières, NDLR) qu’il pourrait vendre, d’autant qu’ils sont constructibles et que ça réduirait d’autant son déficit »… Enfin, le préfet a relevé que « les municipales venaient de se passer et que de nombreux investissements avaient été annoncés ». Il a d’ailleurs annoncé qu’il venait de « distribuer 5 M€ aux communes et aux intercommunalités au titre de la DETR (dotation d’équipement des territoires ruraux). Cela représente au moins 20 M€ d’investissements et il faut qu’ils soient réalisés rapidement, sinon je perdrai le bénéfice de mes dotations ! »

Faciliter l’accès des entreprises locales aux marchés publics

Ce colloque a aussi permis aux représentants des services de l’Etat de « diffuser les bonnes pratiques des pouvoirs adjudicateurs », notamment pour adapter les consultations au tissu économique local. Il s’agit par exemple d’allotir les marchés publics, autrement dit de les découper en lots auxquels les entreprises locales peuvent être candidates, ou encore de simplifier les dossiers, « en ne demandant que ce qui est utile pour ne pas rebuter les PME locales ».

Les représentants du BTP haut-alpin ont cependant regretté que certaines grandes entreprises publiques, à l’image de la SNCF ou d’EDF, « ne consultent qu’au niveau national ». Ils ont ainsi cité l’exemple de travaux sur la Durance dans les Alpes-de-Haute-Provence pour lesquels « aucune entreprise des Alpes du Sud n’a été consultée ». Ou encore des marchés d’entretien des lycées : « S’ils arrivent dans les Hautes-Alpes, c’est en sous-traitance, avec une commission pour un groupe national qui a remporté le marché », a déploré Patrice Renouf.


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