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Convention violences conjugales

Violences conjugales : une convention pour prendre le problème à bras le corps

2 Juil 2014 - 14:54

Le procureur de la République l’avait annoncé lors de son installation : lutter contre les violences intrafamiliales serait l’un de ses chevaux de bataille. Raphaël Balland a signé ce mercredi matin une convention pour organiser localement la mise en œuvre d’un protocole-cadre dans les situations de violences conjugales, avec le préfet, le colonel commandant le groupement de gendarmerie, le directeur départemental de la sécurité publique, le président de Mediavic 05 (association d’aide aux victimes) et la présidente du CIDFF 05 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles). « C’est une façon de formaliser ce qui existait déjà », signale le procureur. Cette convention détaille le traitement des mains courantes et des procès-verbaux de renseignements judiciaires en matière de violences conjugales, et l’aide apportée par Mediavic et le CIDFF.

« Ce n’est pas une convention de plus. Les femmes hésitent de moins en moins à porter plainte mais on reste très loin de la réalité car seulement 10% sautent le pas selon les statistiques », annonce le préfet Pierre Besnard, fier de souligner que les Hautes-Alpes sont le premier département à établir un protocole-cadre. « Il y a à la fois un volet répressif et préventif par l’hébergement des femmes qui portent plainte », ajoute-t-il. « A chaque fois, il faut qu’il y ait une enquête derrière. Et si vraiment la personne ne souhaite pas d’enquête judiciaire, il y aura une enquête sociale de Mediavic et du CIDFF. Car la spécificité de ce protocole, c’est d’avoir une association qui permette un suivi des femmes qui ne portent pas plainte », insiste le procureur. « On touche là à un public très fragile qui ne va pas spontanément porter plainte. »

Tous les interlocuteurs, en particulier le commissaire Manicacci, ont insisté sur la nécessité pour les victimes de porter plainte, et le colonel Flagella a souligné que la prise en charge des plaignantes était assurée « de façon personnalisée par des personnes aguerries à ce type de situation ». Pour Raphaël Balland, « quelque chose freine les femmes, c’est la perspective de la prison pour leur conjoint. Elles veulent souvent une prise en charge, des soins pour lui. Il faut savoir que les possibilités pour le procureur sont nombreuses. Il peut y avoir des obligations de soins. »  Brigitte Nectoux, présidente du CIDFF, et Michel Bouvet, président de Mediavic, ont confirmé les sollicitations croissantes des victimes de violences conjugales.


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