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Tribunal (3)

Gap : quand les ruptures conjugales font « péter les plombs »

Deux hommes au casier judiciaire vierge. Deux hommes qui s’expriment plutôt bien. L’un exerce dans une entreprise publique, l’autre est gérant d’une entreprise. Et tous les deux se retrouvent, tour à tour, sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, ce jeudi après-midi, après avoir « pété les plombs » à la suite d’une rupture conjugale mal vécue et manifestement pas digérée…

Le premier a 24 ans, « il n’a jamais fait de mal à une mouche », insiste son avocat, Me Charmasson. Il aimait une femme et sa fille, comme un père, au point qu’aujourd’hui encore, il l’accueille cette enfant certains week-ends et pour les vacances… Il n’a pas supporté que sa compagne le quitte et encore moins qu’elle noue une relation avec un autre homme. Au point d’envoyer des menaces de mort par SMS et de les appuyer en s’introduisant au domicile de son « ex » pour y déposer des douilles de balles percutées !

Devant le tribunal, sa seule priorité est de récupérer ses armes de chasse d’une valeur de 6000€, saisies par les policiers dans le cadre de l’enquête. Le procureur s’y oppose. Le tribunal correctionnel condamne l’ex-concubin à deux mois d’emprisonnement avec sursis et ordonne la confiscation des armes. « Le tribunal est indulgent car il aurait pu vous interdire de porter une arme », lui lance la présidente, Josiane Magnan.

Il se présente à l’entreprise de son rival pour le frapper

Le second prévenu reconnaît pour sa part qu’il a « fissuré » et qu’il a eu « un comportement idiot et irresponsable ». Le 4 mars dernier, il s’est présenté dans l’auto-école de celui qu’il considérait comme son rival et l’a frappé. Avant d’être lui-même corrigé par le frère de la victime et les personnes qui se trouvaient là, comme le rappelle Me Corinne Pellegrin, avocate de la défense.

En fait, son rival était l’ancien compagnon de sa dulcinée et, selon lui, « il l’a harcelée pendant notre relation. Je ne le savais pas. Mais, le jour de Noël, j’ai trouvé sur le pas de la porte de la lingerie rouge qu’il voulait lui offrir. Et, deux mois après, elle m’a dit qu’elle voulait faire un break. Elle ne m’a pas donné de nouvelles après. Nous étions heureux ensemble. Je l’aimais profondément. »

« Qu’est-ce que vous attendiez de cette rencontre, à part le tabasser ? » s’interroge le procureur.
– « Oui, c’est ce que je voulais », avoue le prévenu. « Mais je le regrette. Je n’étais pas maître de mes actes. »

Le prévenu est condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 150€ d’amende pour des dégradations commises lors de l’altercation. Une provision de 2000€ est accordée à la victime, en attendant une expertise médicale.


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