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Photo L. Imberdis / Parc national des EcrinsPhoto L. Imberdis / Parc national des Ecrins

Loup : critiqué par des associations, le parc des Ecrins s’explique sur son opération

La « battue » d’effarouchement du loup, réalisée le 10 juillet dans la zone cœur du parc national des Ecrins (PNE) à la demande du préfet des Hautes-Alpes, continue d’être vivement décriée par les associations écologistes. Le collectif Cap Loup a ainsi écrit au directeur du Parc et au président du conseil d’administration pour dénoncer cette opération, l’Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages) se faisant même provocatrice en demandant « le retrait des troupeaux des parcs nationaux ». Cap Loup invite même ses sympathisants à téléphoner aux responsables du Parc des Ecrins pour faire part de « leur colère ». De leur côté, Bertrand Galtier, directeur du PNE, et Christian Pichoud, président du conseil d’administration, justifient l’opération menée dans le Valgaudemar par des circonstances particulières, tout en soulignant qu’elle ne peut « être qu’exceptionnelle ».

« La battue que vous avez organisée est une honte pour le parc national des Ecrins », écrit Cap Loup. « Elle est évidemment contraire aux objectifs d’un parc national. Vous avez pourchassé une espèce protégée dans un espace protégé (…). Votre battue aussi scandaleuse qu’inutile a provoqué une perturbation importante de la faune sauvage, en parfaite contradiction avec la réglementation du Parc. Des espèces particulièrement sensibles ont été dérangées, notamment le lagopède alpin en pleine période de reproduction. » Pour les associations écologistes, « il est notoire que beaucoup d’éleveurs dans les Écrins refusent de mettre en place des mesures de protection de leurs troupeaux. Le parc national des Écrins a-t-il vocation à être un parc un moutons, sans prédateurs naturels ? »

« L’activité pastorale est bien constitutive de la vocation du parc national »

Dans un texte publié sur le site internet du PNE, son directeur et son président rappellent que « c’est sans arme qu’une tentative d’effarouchement sonore du prédateur a été réalisée le 10 juillet dernier (…). Cette opération visait à éloigner le prédateur de zones d’alpage qui ne concernent qu’une infime partie du cœur du Parc national. Elle reste exceptionnelle et liée à des circonstances particulières (…). De nouvelles mesures d’urgence vont être mises en œuvre, avec notamment l’installation de cabanes d’alpages supplémentaires. »

La zone dans laquelle a eu lieu l’effarouchement est classée en « montagne pastorale ». « Cela signifie que, en ces lieux, l’activité pastorale est bien constitutive de la vocation du parc national », estiment MM. Galtier et Pichoud. « En résumé, selon la charte, le pastoralisme participe à l’équilibre des milieux de ces alpages depuis des générations. La mission de préservation dont est responsable le parc national porte donc aussi sur certaines formes de pastoralisme. »

« Depuis le 1er juillet 2014, des attaques répétées, presque quotidiennes, ont été observées sur les alpages des Pales et de La Lavine, dans le cœur du Parc national des Écrins. Les dégâts ont été considérables : au total, près de 150 brebis sont soit mortes, soit disparues. Les éleveurs touchés sont de la vallée du Valgaudemar ou de la vallée voisine du Champsaur. Les alpages concernés sont gardés. Ils font l’objet de mesures agro-environnementales, visant une gestion pastorale de qualité et la préservation d’espèces menacées comme le Tétras lyre. »

Pour le PNE, « les constats de dégâts ont conduit à la conclusion qu’un ou plusieurs loups étaient installés sur le terrain, avec une forte probabilité qu’ils s’y maintiennent, compte-tenu de la présence de nombreux troupeaux alentours. Il est apparu nécessaire de renforcer rapidement la protection des troupeaux. »

Une première mesure d’urgence a été prise le 5 juillet : deux cabanes héliportables ont été installées sur un alpage attaqué, et sur un alpage potentiellement menacé, afin de renforcer les possibilités de présence du berger au plus près du troupeau (les cabanes existantes étant pour certaines trop éloignées).

« La deuxième mesure a été de tenter d’éloigner le ou les prédateurs d’une zone d’alpages qui ne représente qu’une infirme partie du parc national », indiquent Bertrand Galtier et Christian Pichoud. « L’action du parc national n’avait pas d’autre objectif que cet éloignement. La direction estime que l’opération du 10 juillet ne pouvait être qu’exceptionnelle. »

(Photo L. Imberdis / Parc national des Ecrins)


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