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Voeux Michel Vauzelle (2)

Michel Vauzelle ne prend pas parti pour sa succession à la tête de la Région (vidéo)

Le président (PS) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Michel Vauzelle, qui a créé la surprise, mercredi dernier, en annonçant qu’il ne se représenterait pas à la tête du conseil régional en décembre prochain, n’a pas abordé spontanément la question, ce lundi midi, à l’occasion de ses voeux à la presse. A la Villa Méditerranée, qui voisine le Mucem à Marseille, M. Vauzelle a très longuement abordé la situation nationale au lendemain des attentats meurtriers qu’a connu la France et la question de l’intégration, en appelant à dépasser la démocratie participative pour viser la « Résistance participative » (lire par ailleurs). Ce n’est qu’à la suite de questions de journalistes qu’il est revenu sur les raisons de sa décision et sur sa possible succession.

S’agissant de sa succession, M. Vauzelle a été interrogé sur la candidature de Christophe Castaner, député-maire (PS) de Forcalquier. « Il a été un très grand vice-président de la Région », a commenté Michel Vauzelle. « Il a annoncé sa candidature il y a plus d’un an, il s’en occupe et, naturellement, je l’ai encouragé à s’en occuper. » Pour autant, a-t-il précisé, d’autres candidatures pourront se manifester, « qui ont une grande légitimité parmi les vice-présidents actuels ». Le président de la Région a souligné que « c’est aussi l’affaire des partis ».

Christophe Castaner n’a pas caché ses ambitions, réagissant vendredi dernier par plusieurs tweets à l’annonce de la décision de M. Vauzelle. Parmi les actuels vice-présidents, le premier d’entre eux, Patrick Allemand, élu des Alpes-Maritimes, a indiqué, ce lundi, qu’il y « réfléchit. Et je ne suis pas tout seul… » M. Allemand estime que le futur chef de file devra être « capable de rassembler le plus les élus socialistes et de rassurer aussi ». Avec le départ annoncé de Michel Vauzelle, « on ne peut pas nier que c’est la fin d’une époque, une très belle aventure et aussi un résultat exceptionnel puisqu’il a pu faire trois mandatures ».

La question du calendrier fait cependant débat au sein de la majorité. Certains souhaitent que la désignation du futur chef de file n’intervienne qu’après les élections départementales de mars prochain, tandis que d’autres, à l’instar du Haut-Alpin Bernard Jaussaud, militent pour une décision rapide. « Michel Vauzelle incarne aujourd’hui la Région », souligne M. Jaussaud. « Quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, celui qui briguera sa succession devra compenser un déficit de notoriété. Autant qu’il ait le plus de temps possible pour ce faire. » Autre avantage d’une désignation rapide : éviter que la primaire soit aussi dévastatrice que celle qui a été organisée par le PS pour les municipales à Marseille.

« Le vieux a fait son temps »,
sourit Michel Vauzelle

"Je ne veux pas être un poids pour la gauche avec la Villa Méditerranée", a notamment déclaré Michel Vauzelle.
« Je ne veux pas être un poids pour la gauche avec la Villa Méditerranée », a notamment déclaré Michel Vauzelle.

Questionné sur les raisons qui le poussent à ne pas se représenter, Michel Vauzelle a lancé sur le ton de l’humour : « Le vieux a fait son temps, même si je peux être candidat à la présidence de la République puisque je suis plus jeune qu’Alain Juppé. » Il a également rappelé qu’il avait voté l’interdiction du cumul des mandats et qu’il ne voulait pas « être un poids pour la gauche avec la Villa Méditerranée ». Ce bâtiment futuriste en porte-à-faux au-dessus de la mer, construit par la Région pour célébrer Marseille, capitale européenne de la culture, a représenté un investissement de 70 millions d’euros et coûte 4,4 M€ de fonctionnement par an. Ce qui suscite de vives critiques, au sein même de la majorité de Michel Vauzelle. « C’est un endroit où on défend la Méditerranée », s’est défendu le président de la Région. « Nous avons désormais l’appui du Quai d’Orsay. Nous travaillons à des accords avec le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) et avec l’université Aix-Marseille. En n’étant pas candidat, je pourrai mieux l’expliquer, car je reconnais l’avoir mal fait. »

En tout cas, a répété Michel Vauzelle, « je ne jette pas l’éponge. Je serai un président d’autant plus fort, cette année, que je ne serai pas candidat. »

De notre envoyé spécial à Marseille, Jean-Christophe Sarrazin


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