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Richard Siri Chantal Eyméoud

Pourquoi Chantal Eyméoud et Richard Siri ne se présentent pas aux départementales

Marc Viossat et Carole Chauvet sont investis par l'UDI dans le canton d'Embrun.
Marc Viossat et Carole Chauvet sont investis par l’UDI dans le canton d’Embrun.

La maire d’Embrun, Chantal Eyméoud (UDI), annonce ce mercredi matin avoir retiré sa candidature aux élections départementales alors qu’elle avait reçu le soutien de l’UMP, la semaine dernière. Le conseiller général sortant, Richard Siri, a également décidé de ne pas se représenter. Depuis plusieurs semaines, l’UMP avait indiqué lui accorder son investiture s’il décidait d’être candidat. Marc Viossat, 3e adjoint au maire d’Embrun, et Carole Chauvet, première adjointe au maire de Crots, ont été investis par l’UDI, et vont recevoir le soutien de l’UMP dans le canton d’Embrun. Il n’est cependant pas exclu que d’autres candidatures se manifestent à droite, sachant que le renoncement de Mme Eyméoud et de M. Siri ouvre le champ… Certains évoquent le nom du maire des Orres, Pierre Vollaire, même si ce dernier n’envisageait pas cette éventualité, il y a quelques jours encore, ou encore celui du maire de Crots, Jean-Pierre Gandois.

Chantal Eyméoud justifie son choix par le fait qu’elle aurait dû abandonner son mandat de maire : « Après mûre réflexion, il m’est apparu que si j’étais élue conseillère départementale devant assumer des responsabilités, par voie de conséquence je devrais alors laisser mon mandat de maire d’Embrun. Très attachée à ma ville et réélue en mars dernier, je pense que les Embrunais seraient très surpris et moi-même très malheureuse d’un tel choix. Démission qui aurait aussi été obligatoire pour moi (du fait du cumul des mandats) du conseil régional, alors que j’étais tête de liste pour les Hautes-Alpes et que je suis au travail depuis 5 ans et seule élue du département représentant l’opposition. Je ne peux envisager cela car je suis et je reste fidèle à mes engagements, aux Hautes-Alpes et au massif alpin, aux électeurs qui m’ont portée à la tête de la commune d’Embrun et à la Région. »

Chantal Eyméoud considère
que son mandat régional « est le plus à même
de servir la cause d’Embrun et des Hautes-Alpes »

Mais Chantal Eyméoud savait d’entrée de jeu qu’elle aurait dû abandonner un de ses mandats si elle avait été élue au Département alors pourquoi maintenant ? Plusieurs éléments ont semble-t-il pesé dans sa décision. Elle ne cache pas que plusieurs élus « pensaient à (elle) pour une candidature à la présidence du Conseil départemental », mais elle a souhaité laisser le champ libre à Jean-Michel Arnaud. D’autant que le climat délétère dans le canton de Gap 1 (Centre), et qui lui a valu une explication houleuse avec le maire de Gap, Roger Didier, la privait du soutien des éventuels élus de droite gapençais dans la course à la présidence. Dans le même temps, Chantal Eyméoud reste attachée à son mandat régional qui est « le plus à même de servir la cause d’Embrun et des Embrunais, des Hautes-Alpes et de la montagne », du fait des nouvelles compétences que la Région devrait obtenir et de la gestion des fonds européens qu’elle gère désormais directement.

La décision de Richard Siri de se retirer de la vie politique a aussi joué. « Je le remercie chaleureusement de son implication sans réserve au service de l’Embrunais et du département, de son action très efficace pour la culture et de la solidarité dont il a fait preuve sur tous les sujets importants de l’Embrunais, indique Chantal Eyméoud. Sa ligne de conduite a toujours été de rassembler dans la sérénité. »

Richard Siri : « Sans le vouloir,
je verrouillais les choses.
Ce courant d’air sera bénéfique »

De son côté, Richard Siri, conseiller général depuis 2001, donne deux raisons principales à sa décision de ne pas se représenter : « Je trouve que ces élections se politisent beaucoup, regrette-t-il. Il faut absolument avoir le soutien d’un parti pour se présenter. C’est peut-être un effet de la réforme. Pour ma part, je ne suis encarté nulle part. J’ai toujours aimé être élu à ma manière. Ma seule carte, c’était la parole que je donnais au groupe que je rejoignais. » Seconde raison invoquée : « Je me suis appliqué le non-cumul des mandats. Dès que j’ai été élu conseiller général, j’ai quitté la mairie de Baratier. Une autre vertu pour moi, c’est la limitation de la durée des mandats. Cela donnera de l’air au niveau local. Sans le vouloir, je verrouillais les choses. Je le constate puisque plusieurs personnes pensent à se présenter et me contactent en me disant : « Je n’y serai pas allé si tu t’étais représenté. » Ce courant d’air sera bénéfique, il contribuera à créer davantage de démocratie. »

Lorsqu’on évoque la fin de sa carrière politique, Richard Siri s’inscrit en faux : « Pour moi, être élu n’était pas une carrière. Je regretterai mes électeurs, c’est sûr. Ce n’est pas simple de s’arrêter, il faut le dire avec vérité. J’avais été sollicité par Chantal Eyméoud qui souhaitait qu’on se présente tous les deux. Je trouve que sa décision est compréhensible. De mon côté, je reste à Baratier. Je suis attaché aux Hautes-Alpes et aux Haut-Alpins qui m’ont attaché à ce département, même si je pourrai maintenant aller un peu plus souvent au Cap Corse ! »


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