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Rien ne va plus entre Dominique Estève et Maurice Brun depuis novembre 2013.Rien ne va plus entre Dominique Estève et Maurice Brun depuis novembre 2013.

Situation de crise à la CCI de Région : le bureau va être entièrement renouvelé


« Il y a le feu » à la CCI de Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon les propres mots de Maurice Brun, président de la CCI des Hautes-Alpes. Ce jeudi matin, pour la deuxième fois en deux mois, l’assemblée générale de la CCI de Région a dû être annulée, faute de quorum. Les tensions, traduites par ce blocage institutionnel, ne sont pas nouvelles. En mai dernier, Maurice Brun avait ainsi claqué la porte du bureau de la CCIR, « pour la première fois en 14 ans », sachant que les engagements financiers n’étaient pas respectés. Le président régional, Dominique Estève, annonce, ce jeudi, qu’il convoquera une assemblée générale extraordinaire « dans les prochaines semaines », qui procédera au « renouvellement complet de ses membres ». Tout en indiquant ne pas être démissionnaire, M. Estève précise qu’il ne participera « plus au gâchis mais continuera de faire entendre (sa) voix et (ses) opinions ».

« Je suis en froid avec le président régional depuis novembre 2013, car il ne respecte pas les territoires », indique M. Brun. En cause, les reversements de la CCI de Région vers les CCI territoriales, qui, de l’avis d’une majorité des membres du bureau régional, ne respectent plus « l’équité territoriale ». Maurice Brun cite un exemple récent : « J’ai bataillé un an pour obtenir un demi-poste pour l’international à la CCI des Hautes-Alpes. Je l’ai obtenu. Mais dans le cadre des restrictions budgétaires, l’Etat demande 300.000€ d’économies à la CCI de Région. Et le premier poste qui est supprimé, c’est celui-là. Est-ce que ça équivaut à 300.000€ ? »

De son côté, Dominique Estève, ancien président de la CCI Nice-Côte d’Azur, dit avoir « pris acte du profond désaccord que m’oppose une majorité des membres du bureau. Depuis cinq mois, j’ai offert l’opportunité à mes opposants de mettre en œuvre leurs options, en
prenant de la distance dans la gestion courante de la CCIR. Hélas, aucune avancée concrète n’a été réalisée ni proposée. Si j’entends bien
assumer toute ma responsabilité, je considère n’avoir commis aucune faute dans l’exercice de ma mission. Par conséquent, je ne suis pas démissionnaire. »

Maurice Brun : « Que je puisse être candidat
à sa succession n’est pas d’actualité »

M. Estève estime que l’assemblée générale extraordinaire devra être « l’occasion d’un débat transparent et d’une prise de conscience collective. Je propose donc à mes opposants de laisser derrière eux leurs antagonismes territoriaux, leurs calculs politiques et leurs ambitions personnelles et de se tourner vers ce qu’il nous reste à faire. Il faut, face aux coupes financières, s’organiser, optimiser nos moyens humains, pour mieux absorber le choc des plans sociaux pourtant inéluctables. »

« Nous avons demandé son départ », confirme Maurice Brun. « De quoi sera fait demain, nous verrons. Que je puisse être candidat à sa succession n’est pas d’actualité. Nous sommes sept à pouvoir y prétendre, nous devons travailler de manière collégiale, et après, nous verrons. Il faudra voir quel est l’intérêt du territoire et quel est celui de la CCI de Région. » En tout état de cause, souligne M. Brun, « la décision sera prise en équipe. Car, de fait, le futur président de la CCIR devra démissionner de sa CCI territoriale. »

(Notre photo : Dominique Estève, président de la CCI de Région depuis 2011, a été mis en minorité ; Maurice Brun dénonce un non-respect de « l’équité territoriale » depuis plus d’un an)


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