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L’histoire des refuges Napoléon : Jean-Pierre Jaubert met fin aux idées reçues

3 Fév 2015 - 11:59

Alors que les Hautes-Alpes s’apprêtent à fêter le bicentenaire du retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe, dont le parcours dans les quatre départements alpins sera ensuite baptisé « route Napoléon », Jean-Pierre Jaubert, passionné d’histoire, s’est plongé dans les archives et a étudié l’histoire des fameux refuges qui portent le nom de l’empereur. Le Gapençais met fin à l’idée reçue selon laquelle Napoléon aurait fait don aux Hautes-Alpes d’une somme pour que soient édifiés des refuges.

En réalité, Napoléon Ier, dans son testament, a souhaité léguer la moitié de son domaine privé « aux villes et campagnes d’Alsace, de Lorraine, de Franche-Comté, de Bourgogne, d’Ile-de-France, de Champagne, Forez, Dauphiné qui auraient souffert par l’une ou l’autre invasion ». Trente-quatre ans après la mort de son aïeul, Napoléon III chargera une commission d’interpréter son testament et de répartir les fonds disponibles. Les Hautes-Alpes feront partie des 26 départements à recevoir 50.000 francs.

Jean-Pierre Jaubert explique que la commission choisit de consacrer cette somme « à une institution durable de bienfaisance qui perpétue au cœur des populations le religieux souvenir dont Napoléon Ier les a honorés ». Le conseil général des Hautes-Alpes, consulté sur le sujet, voulut que cette somme soit « placée provisoirement en rentes sur l’Etat et le revenu employé en bourses ou demi-bourses, en faveur d’aveugles et de sourds-muets pauvres du département ». Mais aucune demande de bourse ne fut fait pour des aveugles et seuls huit sourds-muets furent placés dans une institution.

Ainsi, en 1856, le préfet des Hautes-Alpes Alexandre Lepeintre eut l’idée de consacrer ce legs à la construction de refuges sur les principaux cols du département pour y accueillir « les malheureux surpris par la tourmente, ou arrêtés par les avalanches ». Cette suggestion fut approuvée par le conseil général et les 50.000 francs permirent l’édification de six refuges (sur les huit prévus) : aux cols d’Izoard, Agnel, Vars, Lacroix, Noyer et Manse. Ces refuges, édifiés sur un modèle unique, furent achevés en 1858, et les dépenses dépassèrent largement les 50.000 francs. Quatre existent toujours : ceux de Vars, du Noyer, de Manse et d’Izoard.

Pour connaître les festivités liées au bicentenaire, cliquez ici.

Jean-Pierre Jaubert donnera une conférence dimanche 1er mars, à Gap, au sujet de la parution du livre « Napoléon, 4, 5, 6 mars 1815 : des témoins racontent ». Il racontera le passage de Napoléon à Gap et dans les Hautes-Alpes, et reviendra sur la création du parc de la Pépinière, des refuges Napoléon… Jean-Pierre espère sortir un livre consacré uniquement à ces refuges en 2016.