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Parking de Bonne2

Gap : la Ville réduit son budget d’investissement de 4 M€ en 2015

4 Fév 2015 - 23:16

Il a été longuement question du budget primitif 2015 lors du conseil municipal de Gap, ce mercredi soir. Le maire a commencé par évoquer la baisse des dotations de l’Etat de l’ordre de 20% d’ici à 2017, soit au minimum – 6,5% en 2015. « Certaines communes sont en grande difficulté, a observé Roger Didier. Fort heureusement, ça ne sera pas le cas pour la nôtre qui a su anticiper, dès 2008, les mesures que toutes les collectivités sont en train de prendre. Nous avons à la fois baissé la dette, tout en continuant à investir pour le développement de notre ville. En face, le gouvernement nous en demande toujours plus : les rythmes scolaires qui bénéficient d’une pseudo-compensation, la transition énergétique, les opérations d’accessibilité », a-t-il dénoncé. Il s’est ensuite félicité que Gap figure au 11e rang parmi les 162 villes moyennes de France en termes de capacités d’investissement.

Bernard Jaussaud (PS) lui oppose « un effort de solidarité raisonnable, d’autant plus que vous passez sous silence une dotation très importante donnée lors de la création de la communauté d’agglomération qui compense largement aujourd’hui les baisses de dotation que nous aurions à subir ». M. Jaussaud considère que Roger Didier n’est pas « si bon élève » qu’il le dit : « Les dépenses d’équipement sont moitié moindres que les villes de même importance. Et la dette, par rapport au nombre d’habitants, est nettement plus élevée que dans d’autres villes », assure-t-il.

Ce qui a fait le plus polémique est la baisse de dotation de l’ordre de 600.000€ au CCAS (centre communal d’action sociale), que le maire justifie par un déclin d’activité dans les centres de loisirs _ due à la fatigue provoquée par les rythmes scolaires selon lui _ et en matière de portage des repas. « La masse salariale avait été un peu surévaluée », a ajouté le maire. Si bien que quatre personnels ont été transférés vers d’autres services. Bernard Jaussaud explique plutôt cette désaffection pour les activités du CCAS par le manque de moyens des Gapençais. Jean-Claude Eyraud (Gauche) propose de moduler les tarifs en fonction des revenus. Roger Didier voit difficilement « comment on peut mieux faire » dans la mesure où « une demi-journée à la Clairière coûte 3,40€ et une heure de crèche entre 0,27 et 3€ de l’heure », comme le confirme Françoise Dusserre, vice-présidente du CCAS.

Autre point de divergence avec le groupe Gauche : les charges de personnel, toujours de l’ordre de 23 millions d’euros. « Vous aviez prévu 23 millions d’euros sur ce poste en 2014, vous avez réalisé 22 millions, ça ne me rassure pas. Une série de postes, d’absences ne sont pas remplacés, des heures supplémentaires ne sont pas payées, à part pour le rallye Monte-Carlo. Quand il faut faire fonctionner les services sociaux, c’est autre chose. Votre obsession du désendettement commence à m’inquiéter. Il ne faut pas trop tirer sur la corde. La force d’une collectivité, c’est son personnel », estime M. Eyraud.

Une zone de méthanisation en projet au Moulin du pré

Roger Didier a ensuite abordé les principaux investissements pour 2015 : la rocade (2,3 millions d’euros), la ZA de Lachaup (460.000€ de voirie), les pistes cyclables (« la suppression de la zone accidentogène entre Saint-Roch et Fontreyne dont les travaux débuteront début juin »), la poursuite du parc Givaudan (avec un aspect pédagogique travaillé par un paysagiste), des city-stades au Val du Plan et aux Cèdres, l’extension du skate park, la salle polyvalente de la Providence « qui se substituera à la salle du Royal », la poursuite de la rénovation de la rue Jean-Eymar « qui connaît une montée en puissance de la délinquance ». Alors que des commerçants de la rue ont initié une pétition, le maire a annoncé la mise en place de la vidéoprotection et la tenue prochaine d’une réunion avec les bailleurs sociaux et la police.

Une zone de méthanisation est en projet à la station d'épuration du Moulin du Pré.
Une zone de méthanisation est en projet à la station d’épuration du Moulin du Pré.

L’abattoir va passer au gaz naturel. « L’Etat menace de classer Gap en zone vulnérable aux nitrates. Le plan d’épandage de nos boues d’épuration pourrait être remis en cause et il faudrait aller les épandre plus loin, ce qui engendrerait un bilan carbone catastrophique. Une zone de méthanisation est donc en projet au Moulin du Pré, en associant le compost de la station d’épuration et les canalisations de gaz naturel », explique le maire.

Même si le projet n’est pas inscrit au budget primitif, M. Didier s’est un peu plus étendu sur le projet du parking de Bonne (notre photo) qui « évoluera normalement si les esprits chagrins ne nous mettent pas de bâtons dans les roues. Le terme « no parking, no business » est encore plus vrai aujourd’hui. Je demande un minimum de solidarité. Ce parking se fera quoi qu’il arrive, je suis déterminé », a insisté le maire, en s’adressant en particulier à Jean-Claude Eyraud, dont un compte rendu sur son blog avait entraîné l’annulation du marché public par le tribunal administratif. « Je suis inquiet pour vos artères quand vous vous mettez en colère », lui lance l’élu d’opposition. « Je ne suis pas en colère mais passionné », rétorque le maire.

Au sujet des investissements, Bernard Jaussaud a trouvé beaucoup à redire : « Vous parlez de rocade, où trouve-t-on les crédits dans le budget ? Et le parking de Bonne ? Ou même le carré de l’Imprimerie dont on attend le projet ? Un plan pluriannuel d’investissement est nécessaire pour savoir où va cette ville », est convaincu M. Jaussaud qui aimerait que l’accent soit mis sur les transports publics, la voirie, le théâtre, le gymnase du lycée Centre.

Pour résumer, M. Jaussaud estime que « ce budget n’est pas lisible, en matière d’investissement l’effort n’est pas visible, vous allez à l’envers concernant la solidarité, nous ne voterons pas ce budget ». Le groupe Gauche a fait de même. « Vous utilisez la baisse des dotations pour justifier la baisse des subventions au CCAS, les charges de personnel, si bien que la situation est de plus en plus tendue dans les services. » Guy Blanc, lui, s’est abstenu.

Le budget primitif 2015

Budget prévisionnel de fonctionnement : 55 millions d’euros (équivalent à 2014)
Budget prévisionnel d’investissement : 20 millions d’euros (contre 24,2 M€ en 2014, soit une baisse de 17%)
Les taux d’imposition resteront inchangés


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