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fédération départementale des artisans et commerçants

Hautes-Alpes : une grande campagne pour promouvoir le commerce de proximité

9 Fév 2015 - 19:18

Face à l’achat en ligne, la fédération départementale des associations de commerçants et d’artisans des Hautes-Alpes a choisi de frapper fort à travers une campagne de dix mois intitulée « La proximité, c’est un choix ». « Une campagne dynamique, médiatique, qui implique le consommateur, qui valorise votre professionnalisme, qui se décline en fonction de votre métier, de vos actions et de votre territoire », précise Christian Breton, vice-trésorier de la fédération.

Pascal Serres a dévoilé la campagne de communication élaborée par Piment rouge.
Pascal Serres a dévoilé la campagne de communication élaborée par Piment rouge.

La campagne a été conçue par l’agence Piment rouge et se décline sous forme d’affiches personnalisables ou non, d’autocollants, de bannières à insérer en haut des mails… à destination des 7000 ressortissants de la CCI et de la chambre de métiers et d’artisanat. « La campagne, elle doit passer par vous, associations de commerçants, qui devez la relayer auprès de vos adhérents », ont insisté Mélanie Barat, responsable de la communication de la CCI, et Marie-Claire Roux, spécialisée dans le conseil et le développement d’entreprises à la CCI.

La campagne reprend dix commandements. Le premier visuel, générique, adresse le message suivant : « Protégeons notre économie. Achetons local. Et vous, que faites-vous ? ». Les neuf autres visent un message plus ciblé qui commence toujours par « la proximité, c’est choisir »… une garantie de fraîcheur, de vivre en harmonie, la compétence à portée de main, de vivre des relations au quotidien, de faire vivre l’économie locale, un service, de faire vivre le terroir, de faire vivre l’écologie, un gain de temps.

La campagne, d’un montant de 40.000€, a été financée par les deux chambres consulaires, le conseil général, Adrea et la Banque populaire.

« 91% des internautes repèrent en ligne et achètent en magasin »

La fédération envisage également de faire appel à Franck Rubino (Market for web) et Régis Bouchacourt (MIT conseil) pour la création d’un site « Jachete-en-hautes-alpes.com ». Il permettrait aux adhérents qui le souhaitent de créer une page pour présenter leur équipe, les marques vendues, indiquer l’adresse et les horaires d’ouverture de leur commerce, voire d’insérer un plan, d’informer les internautes des animations et des bons plans. Une fonctionnalité prévoit l’enregistrement d’un fichier clients propre à chacun. Les commerçants qui voudraient aller plus loin encore pourraient, à leur charge, commander des affiches, flyers, des alertes mails ou SMS.

Ce site serait, pour certains, un premier pas dans l’utilisation web dont ils ne savent pas trop comment se servir. « L’e-boutique est parfois une fausse bonne idée. 75% des sites marchands font moins d’une vente par jour et sont non rentables », cite Régis Bouchacourt. En revanche, « 91% des internautes repèrent en ligne et achètent en magasin ». Pour lui, il faut se servir du web pour annoncer et favoriser le trafic en magasin. « Il faut utiliser internet ; être sur internet sans être sur internet », résume le président de la fédération Frédéric Cavallino.

« Certains prennent le train, d’autres restent sur le quai »

Stéphanie Piètre a exposé son diagnostic sur le commerce de proximité face à internet.
Stéphanie Piètre (à droite) a exposé son diagnostic sur le commerce de proximité face à internet.

Un précepte corroboré par le diagnostic de Stéphanie Piètre, qui dirige le cabinet Alterela. « Certains prennent le train, d’autres restent sur le quai », commence-t-elle. « Avant, on parlait avec vous. Aujourd’hui, on parle de vous ; vous devez donc parler avec les consommateurs présents sur les réseaux sociaux », explique-t-elle après avoir dressé l’histoire du commerce et de la publicité.

Pour elle, le fichier clients est une mine d’informations à exploiter, « l’or noir de demain » : « Les clients qui viennent déjà chez vous, il faut particulièrement les connaître pour les inciter à revenir. » Et de citer tout ce qui permet à une boutique d’être connectée à l’extérieur : les alertes SMS, les réseaux sociaux, les écrans et bornes tactiles. Il faut particulièrement cibler ceux qui cherchent des informations sur internet mais viennent toujours acheter en magasin. Selon une récente étude, les commerçants pensent que la qualité de leur accueil  et leurs conseils poussent les acheteurs à venir en boutique. Pourtant, ce ne sont pas les mêmes arguments que citent les intéressés qui viennent principalement pour voir le produit en réel et parce qu’il est disponible immédiatement.

Si les commerces alimentaires résistent bien à l’e-commerce, d’autres, à l’instar des agences de voyage ou des enseignes culturelles, sont plus exposés à la menace. « Ne croyez jamais que des secteurs sont protégés », prévient Stéphanie Piètre. Même si une coupe de cheveux se fera toujours chez le coiffeur, internet peut très bien permettre de réserver, voire de payer le service. D’ailleurs, des enseignes développent le « click & collect », qui consiste à réserver un article en ligne et à venir le récupérer 30 minutes plus tard en magasin…

Stéphanie Piètre a évoqué encore quelques pistes, des exemples mis en place dans d’autres départements : ces hôteliers indépendants qui se sont associés pour proposer un site de réservation en ligne, ce groupement de libraires indépendants dont le site permet aux acheteurs de savoir dans quel magasin tel ou tel livre est disponible, voire de le commander et de le recevoir chez soi, ces commerçants de Rivesaltes qui ont monté un drive… C’est cela internet, une menace qui offre aussi de multiples manières d’innover pour être en phase avec les attentes de la société actuelle.


Frédéric Cavallino évoque la campagne de… par lemedia05


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