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Collectif accessibilité (4)

Accessibilité : les handicapés manifestent à Gap contre « le retour en arrière »


C’est par un enterrement symbolique, ceints de gilets jaunes, qu’ils ont marqué, ce mercredi, en fin de matinée, à Gap, les dix ans de la loi du 11 février 2005 sur l’accessibilité. Plus de 70 handicapés (moteurs, non-voyants, sourds et muets…), valides, militants associatifs, élus (Claude Feutrier, conseiller général, Chantal Rapin, conseillère municipale déléguée à l’accessibilité, Jean-Claude Eyraud, conseiller municipal d’opposition…), candidats aux élections départementales (…) étaient rassemblés sur l’esplanade de la Paix à l’appel du collectif inter-associatif « Pour une France accessible pour tous 05 ».

« On ne peut pas penser que la France ne soit pas accessible en 2015 », estime Olivier Khouberman, directeur de la délégation 05 de l’APF (Association des paralysés de France). « Quelques mois avant la date fatidique, l’ordonnance relative à l’accessibilité instaurant les agendas d’accessibilité programmée est parue. Celle-ci est injustifiable et inacceptable puisqu’elle donne des délais supplémentaires (pouvant aller jusqu’à 10 ans) pour se mettre en conformité avec des normes, qui sont elles-mêmes en régression. » Le collectif demande donc aux parlementaires de ne pas ratifier l’ordonnance du gouvernement.

Claude Michel, représentant départemental de l’APF, reconnaît qu’il y a eu « d’énormes progrès à Gap. Mais ce recul nous agace. Si les décrets avaient été promulgués dès 2005, nous aurions pu avancer. Là, on a bien travaillé depuis trois ans, mais on a trop tardé. Il y a un combat à mener. »

« Je suis obligé d’appeler quelqu’un
pour pouvoir me déplacer »

Jean-Claude Amoroso, venu spécialement d’Embrun, déplore aussi « le manque de logements accessibles. Je parle des logements locatifs, car on ne peut pas acheter. Nous ne sommes pas accessibles à l’emprunt avec une AAH (allocation adulte handicapé) de 900€ par mois. » Deux autres handicapés témoignent de leurs propres difficultés à ce niveau. Pour l’un, son logement est parfaitement aménagé… à l’exception de la terrasse, qui lui est inaccessible en fauteuil roulant. Pour un autre, qui vit dans le Champsaur, l’appartement ne pose aucun problème, mais il ne peut pas quitter seul son immeuble car « la sortie est trop pentue. Le syndic refuse d’engager des travaux. Et, en ce moment, avec la neige en plus… Je suis obligé d’appeler quelqu’un pour pouvoir me déplacer. »

Plus largement, les regards mettent aussi du temps à évoluer. « Je déteste que des parents disent à leurs enfants : ne regarde pas le monsieur. Le handicap, ce n’est pas une honte! Il faut expliquer aux enfants », estime M. Amoroso.


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