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Clément Fouquerel (Rapaces) : « J’ai l’impression de me joindre à une sélection nationale ! »

26 Fév 2015 - 15:14


Adversaires sur la glace hier, et aujourd’hui unis sous les mêmes couleurs. Le monde du sport professionnel connaît parfois des situations hors-norme. C’est le cas de Clément Fouquerel et des Rapaces de Gap. Le portier chamoniard, dont le club a été éliminé au 1er tour des play-offs, a rejoint la capitale douce pour le reste de la saison à la suite de la blessure de Charles Lavigne. Fouquerel bénéficiera d’une seconde chance de soulever la Coupe Magnus en 2015, une situation inédite en France.

Comment se sont passées les négociations entre les différentes parties ?

« Les Rapaces ont directement contacté les Chamois après notre élimination. Chamonix a accepté et m’a permis de rejoindre Gap dès dimanche dernier. Étant encore sous contrat avec Chamonix, les deux parties ont signé une sorte de convention pour me permettre de jouer pour Gap. »

Qu’attendez-vous de cette expérience ?

« J’ai pu m’entretenir avec Luciano Basile et il est clair que l’objectif est d’aller le plus loin possible dans les séries. D’un point de vue personnel, je peux franchir un palier en jouant dans un autre système, ce qui me force à sortir de ma zone de confort. Je me découvre et j’ai tout à y gagner. Il y a aussi le devoir de réussir. Au vu des blessés, la performance de Gap en saison régulière est improbable et, d’une certaine façon, je me sens responsable maintenant. »

Comment se passe l’intégration dans votre nouvelle équipe ?

« Plutôt bien ! J’avais la chance de connaître plusieurs joueurs (Da Costa, Arrossamena, Ritz et Savoye entre autre) et ils m’aident à m’intégrer au groupe. Nicolas (Ritz) et Kevin (Da Costa) ont facilité la transition en m’aidant dès mon arrivée dimanche soir. Ma copine étant sur le point d’accoucher, je suis venu seul à Gap et ce soutien compte beaucoup pour moi. Ça ira mieux après le premier match. »

Quelles différences analysez-vous entre Chamonix et Gap ?

« À Chamonix, notre système de jeu est nettement basé sur l’offensive. La conséquence, c’est qu’on accorde beaucoup de revirements. Gap est une équipe qui travaille dur dans les deux sens de la glace, et qui s’appuie sur  quatre lignes homogènes. Un vrai rouleau compresseur. Défensivement, c’est plus solide et c’est pour cela que je vais devoir m’adapter. À Chamonix, je prenais beaucoup de lancers, ce qui m’obligeait à rester constamment vigilant.

La différence on peut également la ressentir aux entraînements. Lundi, après deux exercices, j’étais mort ! Il y a plus d’intensité à Gap : j’ai l’impression de me joindre à une sélection nationale ! Pour ce qui est du coaching, Stéphane Gros est plus un meneur d’homme, alors que Luciano Basile est un fin tacticien qui a le sens du détail. »

Pour revenir à votre année à Chamonix, quel bilan tirez vous de cette saison avec les Chamois ?

« On a connu un très bon départ mais, par la suite, ça s’est compliqué en décembre. Au final, on manque le top 4 de peu et c’est rageant. On se relâchait en fin de match et ça s’est traduit par exemple par une élimination en Coupe de France face à Briançon alors que nous menions 4-0. Contre Dijon en play-offs, il nous a manqué l’état d’esprit de guerrier. Nous avons manqué de réussite aussi : c’est rare de perdre une série avec trois défaites au-delà du temps réglementaire. »

Vous projetez-vous déjà dans la suite de votre carrière ?

« Après l’élimination, j’ai entamé une réflexion car j’arrive en fin de contrat avec les Chamois. Chamonix a semblé montrer de l’intérêt pour me garder, mais j’avoue ne plus trop y penser depuis l’appel de Gap. Pour le moment, j’ai la tête aux play-offs. »

Quel sentiment cela procure de disputer les play-offs avec deux formations différentes ?

« C’est vraiment étrange. En fait, j’ai l’impression que l’été est passé et que j’entame une nouvelle saison avec Gap. C’est une sensation vraiment particulière que d’enfiler un nouvel uniforme et j’espère ne pas me tromper de côté lors de l’échauffement vendredi (rires). J’ai failli vivre cette situation il y a trois ans alors que Caen s’était fait éliminer et Cholet recherchait un joker médical pour les séries. Finalement, ça ne s’était pas fait, la blessure n’occasionnant pas une indisponibilité de 90 jours (NDLR : durée minimale permettant l’utilisation d’un joker médical). »

Vous avez déjà joué de nombreuses fois face à Gap. Gardez-vous un souvenir en tête de ces affrontements ?

« La finale de D1 Gap-Caen à Brown-Ferrand (NDLR: ancienne patinoire) m’avait marqué. Après le match à Caen, notre entraîneur David Dostal avait tenu des propos qui avaient déplu aux supporters. Ces derniers avaient déployé des banderoles. On s’était bien fait chambrer, le public est chaud ici et c’est frustrant quand tu es adversaire. »

D’ailleurs ne craignez-vous pas que ce remplacement sème le trouble chez les supporters ?

« Dans la mesure où ça n’est qu’une simple pige, je ne pense pas qu’il y ait de quiproquo. J’espère que les supporters de Gap vont m’accepter. Je ne suis pas là pour prendre la place de Charlie et j’espère que ça va bien se passer. »

Quelle relation entretenez-vous avec Aurélien Bertrand, votre nouvelle doublure ?

« Quand j’ai appris la blessure de Charles Lavigne, je pensais qu’Aurélien allait garder la cage. Mais le club de Gap a préféré faire appel à un joker médical. Cette décision a peut-être pu le blesser, je me sens mal pour lui. »

Comment préparez-vous la série face à Amiens ?

« J’essaye de me familiariser au schéma de jeu proposé par Luciano Basile. On s’attend à une série engagée physiquement. Gap voudra prendre sa revanche après son élimination en 1/2 finale de Coupe de France par les Gothiques et le blanchissage 5-0 en fin de saison. Les Gothiques travaillent dur devant la cage et il faudra se méfier. »

Propos recueillis par Clément Vaillant


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