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Teddy Trabichet (capitaine des Rapaces de Gap) : « Ce groupe grandit dans l’adversité »

2 Mar 2015 - 14:43


Il n’a pas les pouvoirs magiques de Ron Weasley, ni même le «presque trône » du prince Harry, ni non plus l’épée de Barberousse… Pourtant le capitaine de Gap, Teddy Trabichet, incarne le Rapace moderne : un équipier modèle qui a le goût de l’effort. Le plus Amiénois des Gapençais s’apprête à retrouver la patinoire du Coliseum mardi soir à l’occasion du troisième match de la série des quarts de finale de Ligue Magnus. Celui qui a porté le maillot des Gothiques pendant trois saisons analyse ce déplacement en terre picarde, alors que les Rapaces mènent deux manches à zéro.

Teddy, vous avez passé trois années à Amiens, que retenez-vous de cette expérience ?

« Je quittais Grenoble après le quadruplé historique (NDLR : Coupe de la Ligue, Coupe de France, championnat et Trophée des champions, en 2009) et c’était un cap important pour moi. Je dirais que ça a été une bonne expérience pluvieuse (rires) et j’ai gardé par la suite de bonnes relations avec ce club. Amiens est un club qui a beaucoup évolué ces dernières années. Il n’y a plus beaucoup de joueurs que j’ai fréquentés durant mes années avec les Gothiques et, sur la glace, l’équipe est méconnaissable. »

Si vous ne deviez garder qu’un souvenir de ces années, lequel serait-il ?

« Je me rappelle de plusieurs matchs durant lesquels nous avions été sifflés par nos propres supporters. Dans le derby face à Rouen, on perdait à domicile et le public n’avait pas apprécié. Forcément, ça m’avait choqué à l’époque : ça contrastait avec ce que j’avais vécu à Grenoble auparavant. »

Comment qualifieriez-vous le public amiénois ?

« C’est un public très chaleureux, j’ai été très bien accueilli et cela doit être la mentalité du Nord. En revanche, les gens sont très exigeants. D’ailleurs, c’est pour cela que beaucoup d’artistes débutent leurs tournées à Amiens, pour voir si leur spectacle va marcher. »

"Il y a une confiance mutuelle qui s’est installée entre Luciano Basile et moi", témoigne Teddy Trabichet (photo Matthieu Davin)
« Il y a une confiance mutuelle qui s’est installée entre Luciano Basile et moi », témoigne Teddy Trabichet (photo Matthieu Davin)

Depuis, vous avez rejoint Luciano Basile à Briançon, puis à Gap. Quelles relations entretenez-vous avec votre coach ?

« Il y a une confiance mutuelle qui s’est installée entre nous. En tant que capitaine, j’essaye de transmettre les valeurs qui lui sont chères dans le vestiaire. C’est une personne à la fois très dure mais juste et il sait relâcher la pression quand il le faut. Il nous pousse constamment à donner le meilleur de ne nous-mêmes, car le plus compliqué est de rester constant au plus haut niveau. Il sait s’adapter au style de l’adversaire et ça fait la différence. »

Quel bilan tirez-vous de votre première saison en tant que capitaine ?

« C’est très positif. Avec le temps, je prends plus la parole dans le vestiaire tout en restant le coéquipier avec qui on peut blaguer. Tout le monde m’écoute et je me sens respecté. Mais je ne suis pas le seul à jouer ce rôle, on s’encourage tous mutuellement. »

D’ailleurs le vestiaire a été mis à rude épreuve avec « l’affaire Carter »…

« On n’est jamais préparé à ce genre de nouvelles. Ça a été un choc, surtout lorsqu’il s’agissait de notre meilleur pointeur. Mais nous sommes une équipe et tout le monde pousse dans le même sens. On en a parlé entre nous et en fin de compte, cet épisode nous a encore un peu plus soudé car on voulait gagner pour Matt. C’est pareil pour Charles (Lavigne) également ! »

Quel a été votre discours avant le deuxième match de la série ?

« Il fallait poursuivre le travail et ne pas avoir peur. Car après le premier match, il y avait un peu d’appréhension. Personnellement, j’aime bien ce jeu physique mais il fallait se retenir et ne pas s’aventurer sur leur terrain, c’est ce qu’on a fait. Nous sommes restés calmes et disciplinés. Il a fallu être patient et c’est souvent la clef du match en play-offs. »

Lors du dernier match au Coliseum, Gap s’était fait blanchir 5-0. Est-ce que ce match est encore dans les têtes des joueurs ?

« Bien sûr ! Ainsi que la demi-finale de Coupe de France (perdue face à Amiens) où l’on savait qu’on pouvait passer. Cette claque arrive au bon moment pour nous. Ça nous a permis de redescendre un peu sur terre avant les play-offs pour ne pas nous enflammer. »

A quel type de match vous attendez vous mardi ?

« Ils seront dos au mur et ça sera encore très intense. Je connais l’accueil que les supporters réservaient à leurs adversaires. Ça sera assez similaire à l’accueil que reçoit Gap lorsque nous allons jouer à Briançon. Ça nous transcende de nous faire huer. Ce groupe grandit dans l’adversité et je préfère gagner des matchs disputés en séries, c’est mieux pour le mental de l’équipe. »

À 27 ans, votre palmarès est déjà très conséquent, est-ce que l’envie de gagner reste intacte ?

« Assurément. Ce sont tellement des moments intenses que l’on souhaite en revivre aussi souvent que possible. Le titre de champion de France avec Briançon l’an dernier était probablement le plus beau car on a avait une belle équipe mais nous n’étions pas les meilleurs sur le papier. Un peu comme cette année… »

Propos recueillis par Clément Vaillant
(Photo : Matthieu Davin)


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