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Eric Gorde

CCI : Eric Gorde espère obtenir une « remise » de 800.000€ sur le prélèvement de l’Etat

Il ne sait pas encore s’il a été entendu. Mais il a au moins la satisfaction d’avoir été écouté pendant une heure et demie, ce lundi, au ministère de l’Economie à Paris, par des interlocuteurs qui « connaissaient vraiment le dossier ». Eric Gorde, président par intérim de la CCI des Hautes-Alpes, est en effet allé défendre la survie de sa chambre consulaire, qui devrait verser, avant le 15 mars, un prélèvement exceptionnel de 2.291.736 euros au profit du fonds de financement des CCI de région. Cette somme a été fixée par le gouvernement en considérant que le fonds de roulement de la CCI des Hautes-Alpes dépassait 120 jours de charges de fonctionnement. Or, le calcul a pris en compte le montant du prêt de 1,5 M€ contracté par la CCI pour la rénovation de ses locaux de la rue Carnot à Gap. Selon M. Gorde, Bercy devrait « tenter de refaire le calcul en intégrant cela, ce qui ferait une économie de 800.000€ pour la CCI ». Mais rien n’est sûr pour autant, puisque le montant du prélèvement est inscrit dans la loi de finances 2015, au titre de la contribution à l’effort de redressement des finances publiques.

« Ce prêt est venu gonfler artificiellement le fonds de roulement », explique Eric Gorde, qui assure l’intérim de Maurice Brun à la suite de la démission de ce dernier. Devant David Parlongue, conseiller d’Emmanuel Macron en charge du financement des entreprises, de l’investissement et du logement, et Jean-Philippe Espic, conseiller chargé du commerce et des réseaux consulaires auprès de la Secrétaire d’Etat chargée du commerce, Carole Delga, M. Gorde et le directeur général de la CCI, Jean-Yves Mudry, ont souligné que la chambre consulaire ne disposait que de 16 jours de fonds de roulement dans son budget primitif 2015, qui n’a pas été adopté le 30 janvier dernier.

« Ca anéantit la totalité des efforts
faits depuis 10 ans »

Les représentants de Bercy ont rappelé que CCI France (l’assemblée permanente nationale des CCI) avait refusé de négocier, ce qui avait amené le gouvernement à se baser sur le calcul du fonds de roulement, sans en examiner les composantes. Tout en prenant acte des arguments présentés par la CCI des Hautes-Alpes, ils ont aussi relevé que ce montant est inscrit dans la loi de finances. Ils ont cependant indiqué qu’ils allaient demander un nouveau calcul. Et ils ont incité la CCI à solliciter le fonds de solidarité régional, créé par une loi de 2010. « Ce n’était pas du tout une discussion politique, ils ont bien conscience que ça va générer des difficultés », relève le président par intérim de la CCI.

Quoi qu’il en soit, « ça anéantit la totalité des efforts faits depuis 10 ans », observe Eric Gorde. « On est honnête dans nos comptes et on s’aperçoit qu’il aurait mieux valu être une mauvaise chambre ou faire des placements dans la pierre! »

Le bureau de la CCI se réunira ce mercredi pour se prononcer sur la suite des événements. « Soit on paye en demandant un étalement, soit on va au contentieux », analyse M. Gorde. « Ca va nous obliger à revoir certains projets globaux. Certains seront soit réduits, soit reportés. La priorité est d’achever les travaux et de les payer, puisque les marchés ont été passés, mais le budget le prévoit. Le brevet professionnel Cuisine sera également lancé au Cret de Briançon à la rentrée prochaine. »


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