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MG 05 (1)

Hautes-Alpes : les généralistes font pression sur les députés pour amender la loi Santé

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Les médecins généralistes étaient de nouveau appelés à fermer leur cabinet, ce jeudi, par le syndicat MG 05, afin de protester contre le projet de loi Santé de la ministre Marisol Touraine. Une délégation de généralistes et d’internes a rencontré le député (PRG) Joël Giraud puis la députée (PS) Karine Berger afin de leur demander de soutenir des amendements au projet gouvernemental. Marisol Touraine a bien révisé son texte, mais les avancées sont jugées insuffisantes par les syndicats de médecins, « qui ont tous claqué la porte des discussions, car la ministre fait la sourde oreille ».

« Nous ne sommes pas contre le tiers-payant, nous en faisons déjà (à peu près un tiers de nos consultations) », indique le Dr Simon Filippi. « Mais nous en connaissons les difficultés. C’est un outil de complexification administrative, qui est déjà énorme. Nous demandons une garantie de paiement. Ce n’est pas dans notre rôle de vérifier les droits des patients. » Le Dr Nicolas Gayraud prend son propre exemple : « A la fin de l’année, j’ai dû consacrer cinq après-midi à la comptabilité pour vérifier les versements du tiers-payant, qui représente un tiers de mon activité. Je n’ai pas fait médecine pour ça ! »

Qui plus est, estime MG 05, « ce ne sont pas les 6,90€ restant à la charge des patients qui sont un frein à l’accès aux soins. Le social, ce serait d’abord agir sur l’accès aux soins coûteux, sur ce qui n’est pas ou peu remboursé (soins dentaires, optique…). »

« On n’incite pas à l’installation
des médecins libéraux »

Autre pierre d’achoppement : le rôle renforcé des Agences régionales de santé (ARS) dans l’organisation du « parcours de santé » du patient. « Il y a une incursion de l’ARS dans notre formation », dénoncent les internes. « L’ARS va choisir pour nous le lieu où nous serons affectés, en fonction des besoins. Nous sommes là pour apprendre, pour avoir quelqu’un qui nous épaule. » Pour le Dr Filippi, « la contribution des internes à la société existe déjà pendant la formation, puisqu’ils doivent passer six ans dans les hôpitaux ».

Au final, avec ce projet de loi, « on n’incite pas à l’installation des médecins libéraux », estime le Dr Gayraud, lui-même établi depuis trois ans à La Bâtie-Neuve. « C’est quand même dramatique. Le jour où il n’y aura plus de libéraux, l’hôpital et les médecins salariés ne pourront pas faire face. »

(Notre photo : médecins généralistes et internes réunis ce jeudi matin à Gap par MG 05)


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