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Crash Gendarmerie3

Crash : un enquêteur évoque l’hypothèse d’un acte délibéré d’un des pilotes

26 Mar 2015 - 9:51

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Du nouveau dans l’enquête liée au crash de l’A320 de Germawings, ce mardi, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le New York Times révèle le contenu de la première boîte noire, qui contient les enregistrements sonores : le pilote ou le copilote a quitté le cockpit avant cette descente inexpliquée de l’avion et n’a pas réussi à y entrer de nouveau. Le quotidien américain tient cette information d’un enquêteur français. Il décrit une conversation très calme entre les deux membres de l’équipage au début du voyage. Puis cet incident. « Le type dehors frappe doucement à la porte, sans réponse. C’est alors qu’il frappe plus fort, toujours pas de réponse. Il n’y en aura jamais, décrit l’enquêteur. On entend qu’il essaie de défoncer la porte. »Malgré tout, cet enregistrement laisse beaucoup de questions sans réponse. « Nous ne savons pas encore pourquoi l’un des pilotes est sorti. Ce qui est certain, c’est qu’à la fin, l’autre pilote est seul et n’ouvre pas la porte du cockpit », poursuit l’enquêteur. Selon un pilote de ligne interrogé par Europe 1, un digicode permet d’accéder au cockpit depuis la cabine, sauf si le pilote empêche cet accès.

"Des données utilisables" ont pu être extraites de la première boîte noire (photo BEA).
L’enregistreur de voix de l’Airbus A320 révèle que l’un des pilotes était sorti du cockpit, et qu’il n’a plus pu y accéder ensuite, alors que son collègue ne répondait plus (photo BEA).

Le directeur du BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses), qui a débuté l’exploitation de la boîte noire ce mercredi, est resté très vague quant à son contenu. Il s’est borné à indiquer que les experts avaient pu «extraire des données utilisables» du CVR (Cockpit Voice Recorder), qui enregistre les données audio (échanges entre pilotes, conversations, bruits, alarmes) tout en soulignant la nécessité d’identifier les sons, les alarmes et les voix, et de les confronter aux paramètres du vol que contient l’autre boîte noir. Le président de la République, François Hollande, a révélé, ce mercredi, que l’enveloppe de cette seconde boîte noire avait été retrouvée, mais sans la fameuse carte mémoire à l’intérieur, qui a dû soit être éjectée, soit détruite lors de l’impact.

La vraie interrogation est liée au silence des pilotes pendant la descente. Cette même source interrogée par le New York Times n’écarte pas la possibilité d’un silence délibéré. « C’est étrange cette longue descente à une vitesse normale, sans communication, alors que le ciel était parfaitement clair. Jusque-là, nous n’avons aucune preuve qui pointe un problème technique. Il faut, par conséquent, prendre en compte la possibilité d’une responsabilité humaine assumée. »

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, interrogé mercredi par RTL, a affirmé que l’hypothèse terroriste n’est pas privilégiée pour le moment mais qu’aucune piste n’est exclue.

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, qui dirige l’enquête judiciaire, doit rencontrer les familles de victimes, qui doivent arriver de Düsseldorf et de Barcelone, ce jeudi matin à l’aéroport de Marseille-Provence, pour faire un point sur les avancées de l’enquête.

(Photo Gendarmerie nationale)


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