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JM Bernard

Jean-Marie Bernard s’exprime sur son élection à la présidence avec les voix de la gauche

La bataille n’était pas gagnée d’avance. A tel point que, lors du premier tour, Roger Didier le devançait de quatre voix (quatorze contre dix). Mais, surprise, au second tour, qui se résumait à un duel à droite entre les maires de Gap et du Dévoluy, c’est ce dernier, Jean-Marie Bernard (UMP), qui l’a emporté. Avec la totalité des voix de gauche (huit sur les seize voix qu’il a obtenues).

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« Le vote de la gauche n’était pas acquis », assure Jean-Marie Bernard. « La majorité confortable que nous avons obtenue lors de ces élections départementales me faisait penser qu’on allait pouvoir s’entendre rapidement. On parlait de moi depuis le début de la campagne. On a imaginé, les sortants et les fidèles de Jean-Yves Dusserre, que, si on gagnait, on allait se retrouver sur mon nom. Le fait nouveau, au soir du second tour, c’est l’importance du succès des candidats soutenus par le maire de Gap, qui a déclenché, du moins je l’imagine, l’espoir de Roger Didier. »

« Un mauvais signe de donner l’image
que c’était le maire de Gap
qui concentrait tous les pouvoirs »

"La candidature de Roger Didier était légitime", reconnaît Jean-Marie Bernard.
« La candidature de Roger Didier était légitime », reconnaît Jean-Marie Bernard.

Alors que la réforme des cantons « donne beaucoup de poids aux territoires urbains en déshabillant les territoires ruraux », « nous pensions qu’il fallait que la direction du Département ne soit pas forcément dans les mains du maire de Gap. Ce n’est pas Roger Didier qui est visé là-dedans. Mais c’était un mauvais signe de donner l’image que c’était le maire de Gap qui concentrait tous les pouvoirs. Gap compte 40.000 habitants mais il y en a quand même 100.000 autour! Le dynamisme de Gap est certain mais il repose aussi sur ce qui l’entoure, sur les stations, sur Serre-Ponçon… C’est un signe fort à donner aux Haut-Alpins que le Conseil départemental reste une institution préoccupée par les questions rurales. »

« Je suis fier d’avoir pu mettre en place une équipe qui n’a rien concédé à la gauche »
Jean-Marie Bernard affine la liste des vice-présidents avec ses proches.
Jean-Marie Bernard affine la liste des vice-présidents avec ses proches.

« Cette élection s’est faite dans la difficulté », reconnaît bien volontiers Jean-Marie Bernard. « La candidature de Roger Didier était légitime. On n’a pas pu se mettre d’accord car les partis (UMP et UDI, NDLR) s’en sont mêlés. Je suis fier d’avoir été élu par des conseillers départementaux haut-alpins de droite, du centre ou de gauche. Et je suis fier d’avoir pu mettre en place une équipe qui n’a rien concédé à la gauche. Je souhaitais que ça ne soit pas pollué par des questions politiques. » En tout cas, assure-t-il, « il n’y a pas eu de négociations avec la gauche ».

Arnaud Murgia, « ce n’était pas négociable »

S’agissant d’Arnaud Murgia, qui a révélé en séance que le blocage des discussions provenait du refus de Jean-Marie Bernard de le voir figurer dans l’exécutif, le nouveau président du Conseil départemental ne le nie pas : « Ce n’était pas négociable. Il est intelligent, il s’est fait élire, il veut faire de la politique, mais il veut tout politiser. Je ne voulais pas qu’il vienne surtout pour faire de la politique. Les partis de droite ont quand même fait pression pour faire élire un candidat qui n’est pas encarté ni à l’UDI, ni à l’UMP, contre le militant UMP que je suis! » Rappelons aussi que Jean-Marie Bernard s’était rendu à Serre Chevalier, entre les deux tours, pour soutenir Arnaud Murgia et Marine Michel, mais que ceux-ci, après avoir d’abord envisagé de voter pour M. Bernard, se sont finalement tournés vers Roger Didier.

« Je constate que tout le monde a joué le jeu dans l’élection des vice-présidents »
Jean-Marie Bernard entouré de ses neuf vice-présidents.
Jean-Marie Bernard entouré de ses neuf vice-présidents.

Après l’accord obtenu pour les vice-présidences (trois étant décidées par Jean-Marie Bernard et six par les soutiens de Roger Didier), « l’affaire est classée », assure Jean-Marie Bernard. « Ce qui est important, c’est d’avoir une majorité et un exécutif complet. Je ne suis pas rancunier. On me dit même souvent que je suis trop gentil. Je constate que tout le monde a joué le jeu dans l’élection des vice-présidents. Les 22 élus de la majorité se sont retrouvés. Je n’ai pas d’inquiétude sur les personnalités mises en place. »

Désormais, « nous avons six ans devant nous pour mettre en avant nos projets par rapport aux nécessités et aux attentes des Haut-Alpins », observe M. Bernard. « Nos préoccupations, c’est de restreindre les dépenses de fonctionnement de la collectivité. Nous allons mener un examen attentif des moyens en personnel, de nos subventions, des frais de fonctionnement… » Jean-Marie Bernard cite également le cas des syndicats mixtes « qui ont joué un rôle important pour porter les investissements de certaines stations » (du Queyras et du Champsaur, NDLR). « Maintenant, les investissements sont faits, il faut couper court à cela. On n’arrête pas de le dire depuis des mois. Il y a des collectivités qui grandissent sur ces territoires : c’est à elles de prendre leurs responsabilités. »


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